« C’est vers une Autorité palestinienne déconsidérée que se tournent aujourd’hui, faute de mieux, Américains et Européens pour trouver une paix durable »

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La négligence diplomatique se paie au prix fort. Depuis le 7 octobre et le retour dans le sang de la question palestinienne, les pays longtemps associés à la quête d’une paix durable entre Israël et ce qui pourrait devenir un Etat palestinien mesurent le coût d’une décennie de désengagement.

Rien ne l’incarne mieux que l’affaiblissement de l’institution présidée par Mahmoud Abbas depuis dix-huit ans. Cette « Autorité palestinienne intérimaire autonome » avait été créée en 1993, par la déclaration de principe des accords d’Oslo, pour une période transitoire de cinq ans, le temps que les deux parties s’entendent sur les contours d’un Etat palestinien. Le provisoire a duré et dérivé, sans que personne s’en émeuve vraiment.

Le coup de force du Hamas à Gaza, en 2007, est survenu un an après les élections dans lesquelles il avait triomphé en profitant, déjà, d’un vote de rejet de l’Autorité palestinienne. Cette victoire avait pris de court les parrains américains et européens d’un processus de paix déjà en très piètre état. Ces derniers ont alors misé un temps sur la formule de « la Cisjordanie d’abord ». En clair, la mise sur pied dans ce territoire d’un proto-Etat, dans l’attente d’une reprise des négociations.

La parenthèse gestionnaire, à bien des égards exemplaire, incarnée par le premier ministre Salam Fayed (2007-2013), dont Mahmoud Abbas avait fini par prendre ombrage, a été refermée faute du moindre horizon politique. Alors solidement arrimé au pouvoir en Israël, Benyamin Nétanyahou mettait tout en œuvre pour enterrer définitivement le processus d’Olso.

Beaucoup d’obstacles

Ce vide a ouvert la voie, à Ramallah, à un pouvoir personnel à tentation autoritaire. Il s’est accompagné au sein de cette autorité de l’ossification du Fatah, autrefois colonne vertébrale de l’Organisation de libération de la Palestine. De la répression des opposants au report perpétuel d’élections indispensables pour redonner une voix aux Palestiniens, ce délitement a pourtant été toléré comme un moindre mal à Washington et dans les capitales européennes.

C’est vers cette Autorité palestinienne déconsidérée, incarnée par un homme de 87 ans qui a répété, le 24 août, les pires stéréotypes antisémites, que se tournent aujourd’hui, faute de mieux, les mêmes acteurs. Antony Blinken, le secrétaire d’Etat américain, a envisagé qu’elle joue un rôle central à Gaza, une fois achevée l’offensive israélienne en cours qui laissera derrière elle des milliers de morts et un champ de ruines d’une ampleur inédite.

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