Election à Madagascar : une manifestation de l’opposition dispersée, un candidat interpellé

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Des gendarmes malgaches tirent des gaz lacrymogènes sur des manifestants, à Antananarivo, le 4 novembre 2023.

L’opposition malgache a de nouveau tenté de protester, lundi 6 novembre, mais les manifestants ont été dispersés et l’un des candidats à l’élection présidentielle, dont le premier tour est prévu le 16 novembre, a été interpellé, a-t-on appris auprès de la police.

Après un regain de tension samedi, quand les forces de l’ordre ont empêché une manifestation de l’opposition à coups de gaz lacrymogènes à Antananarivo, un petit cortège d’opposants a tenté une nouvelle fois de rejoindre l’emblématique place du 13-Mai en dépit d’une interdiction préfectorale. Mais le centre était quadrillé par les forces de l’ordre, a constaté l’AFP. Le candidat sexagénaire Jean Jacques Ratsietison, économiste et fondateur d’une association défendant le pouvoir d’achat des Malgaches, a été interpellé en fin de matinée, ont constaté plusieurs journalistes sur place.

Madagascar est secouée depuis des semaines par une bataille électorale féroce entre le pouvoir et une dizaine de candidats qui s’opposeront dans les urnes au président sortant, Andry Rajoelina. Rassemblés dans un collectif au sein duquel chacun se présente toutefois individuellement à la fonction suprême, les opposants, qui appellent régulièrement depuis plus d’un mois à descendre dans la rue, dénoncent un « coup d’Etat institutionnel » orchestré selon eux par Andry Rajoelina et réclament une élection « libre et équitable ».

L’état-major rassemblant police, gendarmerie et armée a proposé, lors d’un point presse lundi, d’assurer la protection de l’ensemble des treize candidats à l’élection présidentielle, sans distinction, et de leurs familles. « Nous avons entendu des rumeurs de projet d’attentat à l’encontre de certains candidats », a déclaré un porte-parole, précisant que cette protection ne s’appliquait ni aux réunions politiques ni aux manifestations.

Roland Ratsiraka, candidat du collectif, s’est indigné de l’arrestation de M. Ratsietison, affirmant que cela n’était « pas une solution » : « Nous avons déposé une plainte au tribunal administratif contre la décision du préfet [d’interdire les manifestations sur la place du 13-Mai] Le préfet ne respecte pas la loi », a-t-il accusé. Un autre candidat à la présidentielle, Auguste Paraina, a dénoncé la « dictature » de cette arrestation de son confrère « en pleine rue ». « On ne va pas s’arrêter, on n’a pas peur ! », a-t-il confié à l’AFP.

Le Monde avec AFP

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