A Kiev, un festival de cinéma rattrapé par la guerre

0 Shares
0
0
0

LETTRE DE KIEV

Immeuble résidentiel détruit dans la ville de Marioupol, en Ukraine, le 25 septembre 2022.

Minutes de silence pour les soldats tombés au front, petit film pour commémorer les membres de la communauté du cinéma engagés dans l’armée, ainsi que pour ceux ayant été tués : le Festival international du film Molodist (« jeunesse », en ukrainien) qui s’est tenu à Kiev du 21 au 29 octobre avait beau se dérouler à l’arrière, dans une atmosphère qui pourrait se rapprocher de celle d’un pays en paix, la guerre n’a cessé de se rappeler au public durant toute la semaine. Mais la réalité de l’Ukraine depuis bientôt deux ans a surtout été racontée au travers des productions de cinéastes ukrainiens qui ont présenté des courts-métrages et des documentaires et dont la majorité traitait de la question du conflit.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés A Kiev, des évasions sur grand écran

Le constat n’a rien de surprenant pour un tel événement se déroulant dans un pays ravagé par une ligne de front s’étendant sur des centaines de kilomètres. Et encore moins de la part d’un festival comme le Molodist qui s’attache depuis de longues années à traiter de sujets de société délicats, tout en suivant l’évolution géopolitique de l’Ukraine, de la chute de l’URSS à la révolution de Maïdan en passant par la « révolution orange » de 2004-2005. Depuis 2014 et le début de la guerre du Donbass, le festival a également cessé de présenter des productions de cinéastes russes.

Créé en 1970 avec l’objectif de présenter des courts-métrages d’étudiants en cinéma de Kiev, le festival Molodist s’est internationalisé année après année tout en élargissant le spectre des catégories représentées (longs et courts-métrages, documentaires, films d’animation) jusqu’à devenir le plus grand festival d’Ukraine et un des plus importants d’Europe de l’Est. De grands noms du cinéma contemporain y ont présenté des films à l’instar de François Ozon, Jacques Audiard, Danny Boyle, Tom Tykwer… En 1997, le réalisateur Bruno Dumont y avait aussi présenté son premier long-métrage, La Vie de Jésus, avant de se voir décerner la Caméra d’or du meilleur premier film au Festival de Cannes.

Perdu « dans ses tranchées »

Si le festival fait désormais partie des grands rassemblements du cinéma international, Molodist n’en conserve pas moins son approche d’origine ainsi que son désir de mettre en avant de nouveaux talents nationaux et internationaux. Cette année, pour cette 52e édition plus que particulière (la précédente s’était déroulée en format réduit), de nombreux Ukrainiens ont présenté des courts-métrages et des documentaires tirés de leurs expériences de la guerre en cours. Ainsi, ces productions parlent de l’exil, de la ville martyre de Marioupol, de l’occupation russe de la centrale nucléaire de Tchernobyl au début de l’invasion, de la vie de soldats…

Il vous reste 65% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

source

0 Shares
Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You May Also Like