Le ministre iranien Amir Abdollahian se veut la voix de l’« axe de la résistance » contre Israël et les Etats-Unis

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Le ministre iranien des affaires étrangères, Hossein Amir Abdollahian, lors de sa conférence de presse à l’ambassade d’Iran à Beyrouth, le 14 octobre.

Bagdad, Beyrouth, Damas, Doha, New York, Istanbul. Depuis l’attaque terroriste du Hamas en Israël le 7 octobre, le ministre iranien des affaires étrangères, Hossein Amir Abdollahian, multiplie les déplacements. Lors d’un voyage en Turquie, mercredi 1er novembre, le diplomate a laissé planer la possibilité d’ouverture d’autres fronts. « Si cela continue [l’opération militaire israélienne à Gaza] ainsi, les groupes de résistance opteront pour une autre décision surprise et les conditions changeront. La région [le Moyen-Orient ] est très proche de prendre une décision importante et décisive. Les Etats-Unis et Israël seront responsables de l’expansion de la guerre », a-t-il mis en garde.

Un peu plus tôt, en déplacement à New York pour l’Assemblée générale des Nations unies, le 26 octobre, prenant la parole lors de la réunion d’urgence organisée sur le conflit entre Israël et le Hamas, il avait directement menacé les Etats-Unis : « Si les accrochages ne sont pas contrôlés, ils [les Américains] ne seront pas à l’abri. »

Hossein Amir Abdollahian tente de s’imposer comme « le porte-parole de l’axe de la résistance », explique Hamidreza Azizi, chercheur à la Stiftung Wissenschaft und Politik, un institut de recherches en relations internationales basé à Berlin. Alors que les autres figures de cet « axe » – une coalition d’Etats et d’acteurs non étatiques qui compte notamment dans ses rangs les milices chiites irakiennes, le régime syrien et le Hezbollah au Liban, ainsi que les rebelles houthistes au Yémen – sont dans l’impossibilité de se déplacer du fait des sanctions occidentales qui les concernent personnellement, le chef de la diplomatie iranienne profite de son statut pour incarner leur voix officielle.

Marquer sa différence avec son prédécesseur

Proche de la Force Al-Qods, chargée des opérations extérieures des gardiens de la révolution, l’armée idéologique du pays, il mise sur sa connaissance des pays arabes musulmans dans la région, et son rôle d’intermédiaire entre Al-Qods et les affaires étrangères sous la coupe du président, l’ultraconservateur Ebrahim Raïssi. « Hossein Amir Abdollahian a été placé à ce poste pour qu’il y ait plus de coordination entre les gardiens et le ministère des affaires étrangères. Aujourd’hui, ce ministère en Iran ne pèse plus rien », explique le même chercheur.

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En août 2021, lors de son discours devant le Parlement iranien, Hossein Amir Abdollahian a mis l’accent sur le fait qu’il mènerait de concert « le champ militaire » et « la diplomatie ». Une allusion à peine voilée à sa proximité avec les gardiens de la révolution, dans le but de marquer sa différence avec son prédécesseur, Mohammad Javad Zarif. Ce dernier, peu avant la fin de son mandat, en 2021, avait accusé l’ex-commandant d’Al Qods, Ghassem Soleimani, d’avoir nui aux efforts diplomatiques du pays, notamment pendant et après la signature, en 2015, de l’accord sur le dossier nucléaire de Téhéran avec les Occidentaux. Trois ans plus tard, en 2018, le « deal » est devenu caduc après la sortie unilatérale de l’ancien président américain Donald Trump.

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