Guerre Israël-Hamas : les Etats-Unis face aux critiques des pays arabes

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Antony Blinken, le secrétaire d’Etat américain, dans l’avion qui le mène d’Israël en Jordanie, le 3 novembre 2023.

En dépêchant le secrétaire d’Etat, Antony Blinken, au siège de l’Autorité palestinienne (AP) à Ramallah, en Cisjordanie, Washington a tâché, dimanche 5 novembre, de dessiner un horizon politique, pour l’heure infiniment lointain, à la guerre que mène Israël, avec son appui, dans la bande de Gaza. Face au président de l’AP, Mahmoud Abbas, il a parlé au futur, alors que l’Etat hébreu n’a pour les mois à venir d’autre objectif que de « détruire » le Hamas, après l’attaque du 7 octobre.

Le chef de la diplomatie américaine a estimé qu’« une Autorité palestinienne efficace et régénérée » serait la mieux à même de contrôler Gaza après-guerre. A plus long terme encore, il fait écho au projet soudain ranimé du président américain Joe Biden de faire naître « un Etat palestinien » au côté d’Israël. Le « raïs » palestinien lui a répliqué en dénonçant la « guerre d’annihilation » que mène selon lui Israël à Gaza, et en exigeant un cessez-le-feu immédiat. Mais il s’est aussi dit prêt, pour la première fois explicitement, à assumer le pouvoir sur les ruines de l’enclave après la guerre, lui qui en a été chassé par le Hamas en 2007.

M. Abbas voit plus loin encore que l’administration américaine : il exige de retrouver ce pouvoir dans le même temps en Cisjordanie, où l’armée israélienne se déploie massivement et l’affaiblit, tout comme à Jérusalem-Est, la partie arabe de la capitale annexée par Israël en 1967, où l’AP n’existe pas. Ce président usé, âgé de 87 ans, désavoué par une large majorité de sa population, appelle de ses vœux une solution politique globale après-guerre, estimant qu’« une solution militaire ne mènera pas à la sécurité pour Israël ».

Selon des sources diplomatiques, M. Blinken a eu un mot pour encourager les forces de sécurité de l’AP qui coopèrent encore avec l’armée israélienne contre le Hamas. Il a rappelé l’extrême attention que porte Washington au risque de voir l’AP s’écrouler purement et simplement en Cisjordanie. Washington a récemment réorienté des satellites d’observation, afin de suivre l’expansion sauvage des colonies à la faveur de la guerre. Les Etats-Unis craignent qu’un troisième front ne s’ouvre en Cisjordanie, où des milices de colons israéliens déchaînent une violence inédite.

Gagner du temps

L’armée israélienne y multiplie aussi les arrestations, accumulant des prisonniers dans la perspective d’un échange avec le Hamas. Israël refuse encore de reverser à l’AP quelque 120 millions d’euros de taxes, selon l’estimation de Ramallah, que l’armée prélève aux frontières des territoires : une somme vouée à payer les fonctionnaires de Gaza et à financer des projets de santé et d’éducation dans l’enclave.

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