Guerre Israël-Hamas : l’armée israélienne a lancé une nouvelle campagne de « frappes significatives » sur la bande de Gaza

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Après une frappe aérienne israélienne dans le camp de réfugiés de Jabaliya, à la périphérie de la ville de Gaza, le 5 novembre 2023.

L’armée israélienne a annoncé, dimanche 5 novembre, une campagne de frappes « significatives » dans la bande de Gaza, au moment où le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, effectue une tournée régionale axée sur l’aide humanitaire à la population palestinienne assiégée.

« Des frappes significatives sont maintenant en cours » dans la bande de Gaza et « elles se poursuivront cette nuit et dans les jours à venir », a déclaré, dimanche soir, le porte-parole de l’armée, Daniel Hagari. Selon lui, les troupes israéliennes opérant dans le territoire palestinien l’ont coupé en deux : « Il y a maintenant Gaza Sud et Gaza Nord ». Internet et les lignes téléphoniques ont été coupés peu de temps avant cette nouvelle série de frappes.

Le gouvernement du Hamas a affirmé, de son côté, qu’Israël menait « d’intenses bombardements » autour de plusieurs hôpitaux, dont l’établissement Al-Chifa, le plus grand de Gaza. L’armée israélienne a de nouveau accusé le mouvement islamiste armé d’utiliser les structures de santé comme couverture. Tsahal a publié des images montrant, selon elle, des membres du Hamas tirant depuis un hôpital de Gaza. Le gouvernement du mouvement palestinien a catégoriquement démenti ces allégations, accusant Israël de s’en servir comme prétexte pour cibler les établissements hospitaliers.

Selon le gouvernement du Hamas, 9 770 personnes ont été tuées dont pour moitié des enfants, dans les bombardements sur la bande de Gaza depuis le début de la guerre. En près d’un mois, ces frappes ont par ailleurs provoqué d’immenses destructions et entraîné, selon les Nations unies (ONU), le déplacement de 1,5 million de personnes dans le territoire qui était auparavant déjà sous blocus israélien depuis 2007.

Face à ce bilan, les directeurs des principales agences de l’ONU, dont l’Unicef, le Programme alimentaire mondial et l’Organisation mondiale de la santé, ont publié dimanche un rare communiqué commun pour réclamer un « cessez-le-feu humanitaire immédiat » et la libération des otages. « Cela fait 30 jours. Trop, c’est trop. Ceci doit cesser maintenant », ont-ils écrit dans le communiqué.

Israël ordonne depuis la mi-octobre aux civils d’évacuer le nord du territoire pour se diriger vers le Sud. « Nous permettons encore un passage pour les civils du nord de Gaza et de la ville de Gaza vers le Sud », a affirmé, dimanche, le porte-parole de l’armée israélienne. De 300 000 à 400 000 personnes se trouveraient encore dans la partie septentrionale du territoire.

Le caméraman palestinien Mohammed Alaloul couvre le corps d’un proche tué lors d’une frappe, attribuée à Israël par le Hamas, qui a touché le camp de réfugiés d’Al-Maghazi, dans le centre de la bande de Gaza, devant l’hôpital Al-Qods, le 5 novembre 2023.

Mise en garde de Blinken contre les « déplacements forcés »

Lors d’une nouvelle mission dans la région, le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, a rencontré le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, à Ramallah, en Cisjordanie occupée. Le chef de la diplomatie américaine a mis en garde contre le « déplacement forcé » des civils palestiniens à Gaza et réaffirmé « l’engagement des Etats-Unis pour la livraison d’une aide humanitaire vitale » à Gaza, où Israël a coupé les livraisons en eau, en électricité et en nourriture depuis le 9 octobre.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Les Etats-Unis dans la nasse de leur soutien à Israël

M. Blinken s’est ensuite rendu à Bagdad et à Chypre où il a discuté de la création « d’un couloir maritime », proposé par l’île de la Méditerranée orientale afin de fournir une aide humanitaire au territoire palestinien.

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De son côté, le roi de Jordanie, Abdallah II, a annoncé le largage tôt, lundi matin, d’une aide médicale d’urgence à Gaza, destinée à un hôpital de campagne jordanien, ajoutant sur X (anciennement Twitter) : « C’est notre devoir d’aider nos frères et sœurs blessés. »

Dans le sud de la bande de Gaza, près de l’Egypte, sont massées des centaines de milliers de personnes. Cette frontière s’est ouverte partiellement, depuis le 21 octobre, pour laisser transiter des convois humanitaires, via le point de passage de Rafah. Au total, 451 camions avaient traversé la frontière samedi, selon l’ONU, qui réclame une aide plus importante.

Plusieurs centaines d’étrangers, de binationaux et de blessés (1 100 selon l’ONU) ont également pu quitter Gaza via ce passage vers l’Egypte ces derniers jours. Mais ces évacuations ont été suspendues par le Hamas, arguant du refus d’Israël de laisser partir des blessés palestiniens.

Echanges de tirs quotidiens à la frontière israélo-libanaise

Lors de sa visite à Ramallah, Antony Blinken a par ailleurs réclamé l’arrêt « des violences des extrémistes » en Cisjordanie, où plus de 150 personnes, selon l’Autorité palestinienne, ont été tuées par des tirs de soldats ou de colons israéliens depuis le 7 octobre.

Autre zone de tensions, la frontière israélo-libanaise est le théâtre d’échanges de tirs quotidiens entre l’armée israélienne et le mouvement Hezbollah notamment, un allié du Hamas.

Dimanche, quatre membres de la famille d’un journaliste libanais, dont trois enfants, qui se trouvaient à bord d’une voiture, ont été tués dans une frappe israélienne dans le sud du Liban, selon un média d’Etat libanais. Tsahal a affirmé avoir « frappé des cibles du Hezbollah », « en réponse à une attaque de missile qui a tué un civil israélien » dans le nord d’Israël.

Depuis le 7 octobre, 81 personnes ont péri du côté libanais, selon un décompte de l’Agence France-Presse, dont 59 combattants du Hezbollah. Six soldats et deux civils ont été tués du côté israélien.

Plus de 1 400 personnes ont été tuées en Israël, majoritairement des civils, dans l’attaque menée le 7 octobre par des commandos du Hamas qui ont en outre enlevé plus de 240 personnes, d’après les autorités israéliennes. Depuis, Israël a juré « d’anéantir » le mouvement palestinien et Benyamin Nétanyahou, s’est dit opposé à toute pause dans la guerre tant que les otages n’auront pas été libérés. « Le Hamas a déclenché une guerre contre nous parce qu’il veut nous tuer tous (…). Le Hamas s’est trompé et sera donc éliminé », a encore posté dimanche soir le premier ministre israélien sur X.

Le Monde avec AFP

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