A Paris, une manifestation contre la Biélorussie, « troisième prison des journalistes »

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Marina Zolotova après avoir entendu le verdict de son procès, à Minsk, le 4 mars 2019.

Des militants de l’ONG Reporters sans frontières (RSF) ont manifesté, lundi 6 novembre, devant l’ambassade de Biélorussie à Paris pour soutenir la journaliste Marina Zolotova, emprisonnée depuis deux ans et demi par le régime d’Alexandre Loukachenko. Quelques dizaines de membres de RSF ont bloqué l’entrée de l’ambassade, qu’ils ont recouverte d’affiches réclamant sa libération et de cartes postales reproduisant des messages de soutien envoyés à la journaliste. Le personnel de l’ambassade n’a pas réagi.

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La date du 6 novembre a été choisie en raison du 46e anniversaire de la journaliste. En mars, Marina Zolotova a été condamnée à douze ans de prison par la justice du régime pour « incitation à la haine » et pour avoir appelé à des actions « visant à porter atteinte à la sécurité nationale ». Elle était la rédactrice en chef de Tut. By, le plus grand média en ligne indépendant du pays, jusqu’à ce que les autorités le fassent disparaître en août 2021 pour « extrémisme ».

Présent à la manifestation avec leurs deux enfants, le mari de la journaliste, Vassili Kichkourno, a reconnu qu’il n’avait « aucun espoir » de voir son épouse libérée prochainement. Visiblement ému du soutien reçu, il a expliqué n’avoir « aucun dialogue » avec les autorités biélorusses, qui font sourde oreille à toute demande de contact. Lui et ses deux enfants, âgés de 20 et 17 ans, vivent en exil à Varsovie.

Répression radicale et systématique

Très inquiet, M. Kichkourno se dit partagé entre la nécessité de médiatiser le sort de Marina et la crainte que le régime ne se venge de cette médiatisation sur la journaliste ou sur ses proches restés en Biélorussie. L’invasion de l’Ukraine par la Russie a encore compliqué la situation des prisonniers politiques biélorusses. « Nos problèmes passent au second plan, comparés à la gravité de ce qui se passe en Ukraine », remarque-t-il.

Fortement ébranlé par une vague de manifestations massives provoquée par la falsification grossière du résultat des élections présidentielles de 2020, Alexandre Loukachenko a déclenché une campagne de répression radicale et systématique contre toute forme d’opposition. Au pouvoir depuis vingt-neuf ans, le dictateur a fait fermer tous les médias indépendants du pays, emprisonné des dizaines de personnalités politiques et contraints les autres à l’exil. Selon Frédéric Petit, député des Français établis hors de France, 1 462 Biélorusses sont aujourd’hui prisonniers politiques.

Le soutien du régime à l’invasion russe de l’Ukraine depuis 2022 a achevé d’isoler le pays sur le plan international, coupant toute négociation et tout levier pour faciliter la libération des opposants incarcérés.

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