Le jeu d’équilibriste d’Emmanuel Macron, pris dans la tourmente de la guerre à Gaza

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Emmanuel Macron, en visite à Plougastel-Daoulas (Finistère), après le passage de la tempête Ciaran, le 3 novembre 2023.

Un président dans la tourmente. Tout juste de retour d’Ouzbékistan, vendredi 3 novembre, Emmanuel Macron s’est rendu dans le Finistère, durement touché par la tempête Ciaran, notamment sur les réseaux de transport et d’électricité. « On a un combat, qui est de rétablir au plus vite la vie normale », a-t-il déclaré à Plougastel-Daoulas, promettant l’état de catastrophe naturelle « partout où on pourra le faire ». Alors que deux personnes ont perdu la vie en France, il a aussi salué l’organisation des secours, qui « a permis de sauver beaucoup de vies ».

Emmanuel Macron a profité des micros tendus lors de ce déplacement pour annoncer la tenue d’une « conférence humanitaire » le 9 novembre, dans le cadre du Forum de Paris sur la paix. Les pays de l’Union européenne y seront invités, mais aussi ceux du Proche-Orient, le G20, plusieurs agences onusiennes et de grandes ONG. « L’idée est de faire le tour des grands donateurs et d’accélérer l’aide à Gaza », affirme le Quai d’Orsay. L’Elysée précise qu’il s’agira d’une réunion « opérationnelle » avec les principaux bailleurs.

Dans un pays où cohabitent de nombreux musulmans et la première communauté juive d’Europe, les massacres du 7 octobre commis par le Hamas en Israël et la riposte de l’Etat hébreu ont réveillé la crainte de répercussions dramatiques. « Depuis quelques années déjà, les Français considèrent, beaucoup plus qu’auparavant, que l’international, ça les concerne, observe Frédéric Dabi, directeur général de l’institut de sondage IFOP. Mais, depuis l’attaque du Hamas, le niveau d’inquiétude est spectaculaire. » L’assassinat du professeur de lettres Dominique Bernard, le 13 octobre à Arras, par un jeune djihadiste aurait pu être « l’allumette sur un baril de poudre », note le sondeur.

« Ce n’est pas du Churchill »

Prudent dans ce moment « apocalyptique », selon le mot de l’un de ses anciens conseillers, Emmanuel Macron s’en est tenu aux figures imposées. Dans un premier temps, le 12 octobre, une allocution télévisée pour demander aux Français de ne pas se diviser. Dans un second temps, une visite en Israël, puis en Jordanie et en Egypte, moins pour peser sur le plan diplomatique dans la région que pour envoyer un message intérieur : montrer qu’il s’occupe des otages français et qu’il s’efforce d’éviter le massacre des populations civiles dans la bande de Gaza.

« Ce n’est pas du Churchill, observe l’ancien député socialiste Gilles Savary, mais une prise de position très tranchée en faveur d’Israël aurait risqué de mettre le feu aux poudres du côté musulman. Entre le risque du chaos intérieur et celui de la troisième guerre mondiale, Macron chemine sur les lisières. » N’avoir fâché, un mois après le début du conflit, ni la communauté musulmane ni la communauté juive est considéré comme une petite victoire dans l’entourage politique d’Emmanuel Macron, malgré la recrudescence inquiétante des actes antisémites.

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