Dans la ville de Gaza encerclée par l’armée israélienne, un déluge de fer, de feu et de sang

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Des Palestiniens recherchent des survivants dans les décombres d’un immeuble touché par des frappes israéliennes, à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 4 novembre 2023.

Il n’y a ni trêve ni merci dans la bande de Gaza. Alors que l’armée israélienne poursuit son avancée dans l’enclave, achevant une manœuvre d’encerclement de la ville de Gaza, où se déroule le plus gros de sa bataille avec les forces du Hamas depuis le début de l’opération terrestre, le coût humanitaire payé par la population civile atteint des proportions sans précédent sur le territoire. Dans la ville, plus d’un demi-million de personnes se trouvent exposées au feu des belligérants, à des privations croissantes et à des conditions de vie de plus en plus difficiles.

A l’intérieur de ce réduit a soufflé vendredi 3 novembre une tempête de fer, de feu et de sang. Les abords immédiats des hôpitaux ont été pris pour cibles par des frappes aériennes. Depuis le début des représailles israéliennes à l’attaque du Hamas du 7 octobre, près de 10 000 personnes sont mortes, selon le mouvement islamiste.

L’armée israélienne a bombardé les environs de l’Hôpital indonésien, qui avait pris en charge la plupart des victimes des frappes des jours précédents sur le camp de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, et effectué des tirs à proximité de l’hôpital Al-Qods, géré par le Croissant-Rouge palestinien. Les avions de chasse israéliens ont également frappé l’entrée de l’hôpital Al-Shifa, le plus important de l’enclave, où se sont massés des milliers de déplacés.

Sur une vidéo filmée par un journaliste palestinien, Ismaïl Al-Ghoul, une foule d’hommes crie, affolés, autour de corps à terre à côté d’une ambulance dont l’avant a été partiellement détruit. Selon le Croissant-Rouge, le convoi comportait cinq ambulances : « Quatre d’entre elles appartenaient au ministère de la santé [administré par le Hamas] et une au Croissant-Rouge palestinien. A un kilomètre de l’hôpital Al-Shifa, l’ambulance de tête a été prise pour cible par un missile, blessant les soignants et les personnes blessées à l’intérieur de l’ambulance. » Peu après, un second missile a frappé l’ambulance du Croissant-Rouge « alors qu’elle se trouvait à moins de deux mètres de la porte de l’hôpital ». Selon l’organisation, quinze civils ont été tués et soixante autres, blessés.

« Obnubilés par la nourriture et l’eau »

« Ces scènes sont inacceptables. Les civils, ambulances, docteurs, hôpitaux doivent être protégés. Toujours », a commenté sur X Francesco Rocca, président de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Le chef du bureau politique du Hamas, Ismaïl Haniyeh, a tenu les Etats-Unis pour responsables de « cette barbarie, qui a eu lieu alors que le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, était une nouvelle fois en visite » en Israël, où il a plaidé, en vain jusqu’à présent, pour des « pauses humanitaires ». Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU, s’est dit « horrifié » par la frappe. L’armée israélienne a assumé ce tir en précisant avoir visé une « cellule terroriste du Hamas ». Un haut responsable américain, dans un échange avec la presse vendredi soir, a expliqué qu’environ « un tiers des blessés palestiniens », sur la liste des personnes devant être évacuées de Gaza, étaient « des membres combattants du Hamas ». C’est « inacceptable pour l’Egypte, pour nous, pour Israël », a-t-il ajouté.

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