La biographie d’Elon Musk, un (anti)manuel d’éducation

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La publication d’Elon Musk, la biographie du milliardaire américain par Walter Isaacson, en septembre (aux éditions Fayard en France, 672 pages, 28 euros), a suscité toutes sortes de discussions sur la brutalité du management de l’homme d’affaires, sur ses inquiétudes pour la civilisation ou sur son pouvoir en matière de relations internationales grâce à ses satellites. Moins souvent discuté, le traité d’éducation qui apparaît entre les lignes, sorte de manuel à la Laurence Pernoud : « J’élève mon enfant pour aller sur Mars ».

Ce que fait la Silicon Valley à ses enfants est devenu un sujet d’intérêt depuis qu’on a su – justement grâce à une autre biographie signée Walter Isaacson – que Steve Jobs, mort en 2011, ne laissait pas ses enfants jouer sur tablette. Cet argument est souvent repris dans les débats sur les écrans dans tous les pays. Que le cofondateur d’Apple ait assuré être stérile pour nier être le père de sa fille aînée et ne pas payer de pension alimentaire avant de contester les résultats d’un test ADN, et qu’il ait réglé l’affaire ensuite pour ne pas perturber l’entrée en Bourse d’Apple, devrait pourtant nous inciter à ne pas faire de lui une référence en matière d’éducation.

Mais revenons à Elon Musk, qui invite régulièrement à faire le plus d’enfants possible pour sauver la civilisation. L’homme de 52 ans a, dit-il, montré l’exemple en en ayant onze (pour le moment). Pour se moquer de Lucid Motors, un fabricant de voitures électriques concurrent de Tesla (dont il est directeur général), il twittait en 2022 : « J’ai fait plus d’enfants au deuxième trimestre [2021] qu’ils n’ont produit de voitures. » C’est mathématiquement approximatif, mais effectivement, ce trimestre-là, Musk a eu trois enfants : une fille par mère porteuse avec l’artiste canadienne Grimes (avec qui il avait déjà un fils), et deux conçus par PMA avec Shivon Zilis, une cadre dirigeante de sa start-up Neuralink, « compagne intellectuelle », écrit le biographe, prudent. La première a appris l’existence de la seconde en cours de grossesse alors que la mère porteuse et Shivon Zilis étaient sous surveillance à la même maternité. Avant ces trois-là, le milliardaire avait déjà eu six enfants avec sa première épouse, Justine Wilson : un premier fils (décédé), puis des jumeaux et enfin des triplés. Et après les trois de 2021, il en a eu un onzième avec Grimes.

« Mars, c’est là où tu vivras un jour »

Comme on le sait, les plus jeunes des onze portent des prénoms à la croisée du tableau périodique des éléments et de la mythologie, un marqueur clair des gens qui ont lu trop de science-fiction quand ils étaient petits. Les petits Musk ont aussi des surnoms (le dernier, Techno Mechanicus, est appelé Tau, par exemple), ce qui doit faciliter la vie de leur entourage. La biographie de Walter Isaacson est riche en photos du multimilliardaire avec ses enfants sur son lieu de travail.

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