Guerre contre le Hamas : Israël annonce encercler la ville de Gaza et expulse les travailleurs palestiniens issus de l’enclave

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Des Palestiniens courent se mettre à l’abri après une attaque israélienne dans la ville de Gaza, le 1er novembre 2023.

Après une semaine de combats acharnés dans le nord du territoire, les soldats israéliens ont « achevé l’encerclement de la ville de Gaza », où se trouve le « centre de l’organisation terroriste Hamas », a annoncé le porte-parole de l’armée, Daniel Hagari, jeudi 2 novembre.

« Nous sommes au cœur de la campagne [militaire], nos succès sont impressionnants », s’est félicité le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, jeudi, lors d’une visite sur une base militaire près de Tel-Aviv. Le dirigeant a toutefois reconnu que l’opération est « difficile » et qu’Israël enregistre des « pertes douloureuses ». L’armée a fait état de 332 soldats tués depuis le 7 octobre.

Des vidéos postées par le Hamas, qui dirige l’enclave palestinienne depuis 2006, montrent des combattants du groupe islamiste surgissant de tunnels pour attaquer les chars israéliens, dont la progression est rendue difficile par les destructions. Pour la branche armée du Hamas, « Gaza constituera une malédiction pour Israël ». Les Israéliens doivent s’attendre au « retour de davantage de [leurs] soldats dans des sacs noirs », a averti jeudi le porte-parole des brigades Al-Qassam.

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« Minimiser les dommages » pour les Gazaouis

Depuis la mi-octobre, l’armée israélienne appelle la population à fuir le nord de la bande de Gaza, notamment la ville de Gaza, très densément peuplée, où les bombardements ont rasé des quartiers entiers et où se concentre l’essentiel des opérations militaires.

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Israël a par ailleurs annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi renvoyer à Gaza tous les travailleurs gazaouis qui se trouvaient sur son sol au moment de l’attaque du Hamas – soit jusqu’à 4 000 personnes, ont évalué des médias israéliens.

Le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, est attendu vendredi en Israël. Le secrétaire d’Etat débute sa deuxième tournée au Proche-Orient depuis le début de la guerre déclenchée par l’attaque meurtrière du Hamas le 7 octobre. « Nous allons parler de mesures concrètes qui peuvent et doivent être prises pour minimiser les dommages causés aux hommes, aux femmes et aux enfants de Gaza », a déclaré M. Blinken avant de quitter Washington.

La visite de M. Blinken, qui doit ensuite se rendre en Jordanie, intervient à un moment où les craintes d’un embrasement sont au plus haut. Le président américain, Joe Biden, s’était dit mercredi favorable à une « pause » dans la guerre, même si Washington ne soutient pas les appels à un cessez-le-feu.

Une « vaste frappe » sur des cibles du Hezbollah

Israël a annoncé avoir mené une « vaste frappe » jeudi dans le sud du Liban sur des cibles du Hezbollah, en riposte à des tirs qui ont visé son territoire. Cette frappe a fait quatre morts dans les rangs du Hezbollah, selon la formation chiite libanaise, alliée du Hamas et soutenue par l’Iran.

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Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, doit s’exprimer vendredi pour sa première intervention depuis le début de la guerre et indiquer si sa formation va s’engager ou non de plain-pied dans le conflit.

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A la frontière israélo-libanaise, les accrochages armés quotidiens ont fait 70 morts dans le sud du Liban depuis le 7 octobre, selon un décompte de l’Agence France-Presse (AFP), dont 52 combattants du Hezbollah et au moins sept civils. Huit soldats et un civil ont été tués du côté israélien, selon les autorités.

La guerre a également exacerbé les tensions en Cisjordanie occupée, où quelque 130 Palestiniens ont été tués depuis le 7 octobre par des tirs de soldats ou de colons israéliens, selon l’Autorité palestinienne.

En Israël, au moins 1 400 personnes ont été tuées selon les autorités depuis le début de la guerre, en majorité des civils massacrés le jour de l’attaque du Hamas, d’une ampleur inédite depuis la création d’Israël, en 1948. Plus de 240 personnes ont été prises en otages.

De possibles « crimes de guerre »

Depuis le 9 octobre, le « siège complet » imposé par Israël à la bande de Gaza prive la population de livraisons d’eau, de nourriture et d’électricité. Le territoire était déjà soumis à un blocus israélien terrestre, aérien et maritime depuis que le Hamas y a pris le pouvoir en 2007. Plus de 370 camions d’aide humanitaire sont arrivés depuis le 21 octobre, selon l’ONU, qui réclame une aide plus massive.

Jeudi, selon un nouveau bilan onusien, 60 Palestiniens blessés ainsi que quelque 400 étrangers ont pu quitter le territoire via Rafah, seule fenêtre sur le monde pour le territoire assiégé par Israël et plongé dans une situation humanitaire catastrophique. Un premier contingent de plus de 400 personnes avait été évacué mercredi. L’Egypte a affirmé se préparer à accueillir jusqu’à 7 000 étrangers.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a affirmé jeudi que 14 hôpitaux sur un total de 36 et deux centres spécialisés n’étaient plus opérationnels, en raison de la guerre et du manque de carburant. Selon le Hamas, des frappes israéliennes, mardi et mercredi, sur le camp de réfugiés de Jabaliya, le plus grand de la bande de Gaza, dans le nord du territoire, ont fait 195 morts et 120 disparus. Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU a estimé que les bombardements sur ce camp, qui abrite 116 000 réfugiés, pourraient constituer « des crimes de guerre ».

Le Monde avec AFP

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