Explosion à l’hôpital Al-Ahli à Gaza : les nouveaux éléments de notre enquête

0 Shares
0
0
0

Une douzaine de roquettes lancées depuis Gaza, un missile tiré depuis Israël, et deux avions de chasse. Ce 17 octobre, juste avant 19 heures, de nombreuses sources lumineuses éclairent le ciel de Gaza. Quelques instants plus tard, une explosion frappe le site de l’hôpital Al-Ahli, faisant un nombre de victimes encore incertain à ce jour.

Deux semaines après les faits, notre nouvelle analyse des images montre que la trajectoire et la vitesse d’une salve de roquettes palestiniennes sont techniquement compatibles avec l’explosion à l’hôpital. Elle éclaire en quatre points une nuit d’affrontements, entre échange de tirs et survols probables par des avions de chasse israéliens, sans établir avec certitude la cause de l’explosion.

https://assets-decodeurs.lemonde.fr/redacweb/al-ahli/01_1.mp4




true
true
false

true
false
false

false

Voir la vidéo

Un policier palestinien et des débris introuvables

À 18 h 59, le parking de l’hôpital Al-Ahli est dévasté par une explosion. Bientôt, des images montrent un cratère d’un peu moins d’un mètre de diamètre.

Repérée par la BBC, une photo prise quarante minutes après l’explosion montre un agent de police palestinien affairé près du cratère. Il appartient à l’unité EOD [explosive ordinance department], spécialisée dans les dispositifs explosifs et leur neutralisation. Cette unité est notamment chargée de récolter les débris de projectiles et d’enquêter sur les explosions.

https://assets-decodeurs.lemonde.fr/redacweb/al-ahli/02.png
https://assets-decodeurs.lemonde.fr/redacweb/al-ahli/02.png



MaxPPP, Mohammed Saber

false
false
false

false
false
false

false

Voir la vidéo

Deux semaines plus tard, pourtant, aucune photo de débris n’a été publiée par le Hamas. Selon Marc Garlasco, ancien expert militaire pour l’ONU, « il y a toujours un fragment de bombe après les faits. Après vingt années passées à enquêter sur des crimes de guerre, c’est la première fois que je ne vois aucun débris d’armement ». Des représentants du Hamas ont d’abord affirmé au New York Times que « [le missile] est vaporisé. Il n’en reste rien » , avant d’annoncer au Washington Post être en possession de débris qui « seront bientôt montrés au monde ».

Un missile intercepteur israélien, vraisemblablement pas lié à l’explosion

De son côté, Israël a très vite accusé une roquette dysfonctionnelle du Jihad Islamique, l’autre groupe armé à Gaza, et présenté une preuve : des images filmées par le média Al-Jazira. On y voit un projectile s’élever puis exploser en l’air. Sur les mêmes images, quelques secondes plus tard, a lieu l’explosion à l’hôpital. Selon Israël, il s’agit d’une roquette palestinienne, dont un débris aurait atterri et causé l’explosion dans l’hôpital. Qu’en est-il vraiment ?

En utilisant les trois angles de caméra qui montrent le décollage de ce projectile, Le Monde a pu trianguler sa position. Il a en réalité été tiré d’Israël, dans une zone où se trouve une batterie du Dôme de fer. Ce système détecte les roquettes palestiniennes en vol et tente de les abattre à l’aide de missiles guidés. D’après les mêmes images, le projectile explose une vingtaine de secondes après son décollage, au-dessus du territoire israélien.

Il vous reste 65% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

source

0 Shares
Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You May Also Like