Aux Etats-Unis, la guerre Israël-Hamas fracture le camp démocrate

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Des manifestants appellent à libérer Gaza  lors d’une audience du comité sénatorial avec le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken (au premier plan), et le secrétaire à la défense, Lloyd Austin, au Capitole, à Washington, le 31 octobre 2023.

Des cris d’interruption. Des militants levant des mains peinturlurées en rouge sang, avec le mot « Gaza » sur leurs bras nus. L’intervention au Sénat du secrétaire d’Etat, Antony Blinken, le 31 octobre, a été mouvementée. Tout en maîtrise, le chef de la diplomatie a poursuivi son propos. Les perturbateurs n’étaient pas nombreux, mais leur présence symbolise la pression actuelle sur l’administration Biden. Le lendemain, lors d’une réunion électorale à Minneapolis, le président lui-même a été interrompu par une rabbine, appelant à un cessez-le-feu immédiat à Gaza. Cette pression risque de s’accroître dans les semaines à venir, sur un plan politique et sécuritaire.

Outre le danger d’une guerre régionale au Moyen-Orient, la Maison Blanche est confrontée à une problématique intérieure complexe. Sa première dimension concerne les relations entre Joe Biden et la gauche. La position empathique et le soutien exprimé par le président en faveur d’Israël ont été d’une telle force qu’ils ont étouffé le souci d’un accès à l’aide humanitaire à Gaza ou la mention formelle des lois de la guerre. Or, le centre de gravité s’est déplacé chez les démocrates, ces dernières années. Un sondage publié par l’institut Gallup en mars montrait que pour la première fois en plus de deux décennies, ils étaient plus nombreux (49 %) à se reconnaître une affinité avec les Palestiniens qu’avec les Israéliens (38 %).

Après deux ans et demi de discipline remarquable au sein du camp démocrate derrière le président, le calvaire des civils à Gaza provoque un trouble inédit. Il place l’administration en porte-à-faux avec l’aile progressiste, et plus largement avec l’électorat jeune et les minorités de couleur, dont la mobilisation sera déterminante lors de l’élection présidentielle de novembre 2024.

Appels au cessez-le-feu

Au Congrès, les dissensions sont apparues lorsque quinze élus démocrates à la Chambre ont refusé de signer un texte bipartisan symbolique de soutien à Israël, dénonçant l’attaque du Hamas. Une lettre signée par cinquante-cinq élus, à la formulation prudente, a condamné ensuite « l’horrible attaque terroriste », tout en appelant la Maison Blanche à « prendre toutes les mesures pour limiter les dommages contre les civils innocents » à Gaza. Le 30 octobre, cinq élus ont présenté une résolution demandant cette fois clairement un cessez-le-feu. Il s’agit de Rashida Tlaib (Michigan), Cori Bush (Missouri), André Carson (Indiana), Summer Lee (Pennsylvanie) et Delia Ramirez (Illinois). Huit autres démocrates, dont Alexandria Ocasio-Cortez (New York), se sont ensuite joints à leur initiative. Tous sont des élus noirs et hispaniques.

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