Ingérences étrangères : les parlementaires appellent l’ensemble de la société à sortir du « déni »

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Il est un terrain où le gouvernement pourra se réjouir de faire l’unanimité sur l’ensemble de l’échiquier politique : le renseignement. C’est la principale leçon du rapport annuel de la délégation parlementaire au renseignement (DPR), qui doit être rendu public jeudi 2 novembre. Cette structure, composée de huit membres, à parité entre députés et sénateurs, fait sien le discours de l’Etat qui élève la lutte contre les ingérences étrangères au rang d’urgence nationale et lui consacre l’essentiel de son bilan annuel.

Se félicitant de voir le budget et les effectifs alloués au renseignement en constante progression – 3,03 milliards d’euros et 19 572 personnes en 2022 –, la DPR salue, par ailleurs, l’injection de 5 milliards d’euros supplémentaires prévus dans la loi de programmation militaire 2024-2030. Il faudra bien ça, disent ses membres, pour soutenir « le changement de paradigme du renseignement français » que constitue la nouvelle priorité donnée à la contre-ingérence.

« Niveau de menace élevé »

Car le Parlement appelle au réveil national et entend faire reculer « la naïveté » et « le déni » qui sévissent au sein de la société française contre un mal qui porte atteinte à la souveraineté nationale sous toutes ses formes : politique, juridique, militaire, économique et technologique. « Le niveau de menace d’ingérences étrangères se situe à un stade élevé dans un contexte international tendu et décomplexé. » Début 2023, Emmanuel Macron expliquait que « la guerre ne se déclare plus, elle se mène à bas bruit, insidieusement, elle est hybride ».

Ce danger survient, en effet, au cœur d’une révolution numérique et technologique qui a fait du cyberespace « le champ privilégié de confrontation et de compétition stratégique entre les Etats », une guerre menée, avant tout, selon la DPR, par la Russie, la Chine et la Turquie. Le rapport de la délégation s’attarde longuement sur « la guerre informationnelle et de réputation menée par les régimes autoritaires ». Car si l’espionnage classique existe toujours, « les fausses nouvelles sont les armes d’une guerre conduite contre l’Occident sans que, pendant longtemps, nous ayons identifié les moyens de nous défendre ».

La France a lancé, au cours de l’été 2021, son plan national de sensibilisation des acteurs publics et privés aux ingérences étrangères. Depuis, 10 000 actions ont été conduites auprès de 55 000 personnes. Il reste à mobiliser davantage les élus, dit la DPR, y compris au niveau local, devenus des cibles de choix des opérations d’ingérence. Elle décrit, avec pédagogie, l’ensemble du dispositif, y compris dans sa composante financière, fiscale et douanière pour faire pièce aux ingérences.

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