Guerre Israël-Hamas : le camp de Jabaliya bombardé, de premières évacuations de Gaza vers l’Egypte

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Des réfugiés passent le poste-frontière de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 1ᵉʳ novembre 2023.

Des centaines de blessés palestiniens et des étrangers ont été évacués, mercredi 1er novembre, de la bande de Gaza. Cette première opération d’évacuation a permis à 76 blessés palestiniens et à 335 étrangers et binationaux de rejoindre l’Egypte, selon un responsable égyptien.

Les blessés ont été les premiers à passer par le poste-frontière de Rafah, seule ouverture de l’enclave palestinienne qui ne soit pas frontalière avec Israël, avant l’évacuation de binationaux et d’étrangers, dont des Américains, des Italiens, des Français, des Australiens et des Autrichiens.

Les télévisions égyptiennes ont diffusé des images de femmes, d’enfants et d’hommes âgés descendant de bus. Des secouristes ont transporté les blessés sur des brancards vers les ambulances. Le président américain, Joe Biden, a assuré que c’est grâce au « rôle moteur » des Etats-Unis, avec l’aide notamment du Qatar, que ces évacuations ont été possibles.

Médecins sans frontières (MSF) a souligné que « plus de 20 000 blessés restent à Gaza, avec un accès limité aux soins de santé ». Dans un communiqué publié dans la soirée, l’ONG a fait savoir que tous les membres de son personnel international avaient quitté l’enclave palestinienne, soit vingt-deux personnes au total. Elle a précisé qu’une nouvelle équipe internationale était prête à entrer dans le territoire « dès que la situation le permettra ». « L’attention ne doit pas se détourner des besoins encore plus grands » de milliers de malades « dont la santé est trop précaire pour être évacués », a pour sa part averti l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Bombardement sanglant contre le camp de Jabaliya

Alors que la guerre déclenchée par l’attaque du Hamas en Israël est entrée, jeudi, dans son vingt-septième jour, un nouveau bombardement israélien aurait fait, mercredi, « des dizaines » de morts, selon le Hamas, dans le camp de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza. Ce bilan est invérifiable dans l’immédiat.

Le camp de Jabaliya au lendemain d’un bombardement israélien, dans la bande de Gaza, le 1ᵉʳ novembre 2023.

Le secrétaire général des Nations unies (ONU), Antonio Guterres, s’est dit « atterré » par les frappes contre ce camp très densément peuplé, le plus grand du territoire, où vivent 116 000 réfugiés. Ce bombardement a été qualifié de nouvelle « atrocité » par le chef des opérations humanitaires de l’ONU, Martin Griffiths. Pour le Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU, ces bombardements pourraient constituer « des crimes de guerre », « compte tenu du nombre élevé de victimes civiles et de l’ampleur des destructions ».

Le Hamas a le choix entre « mourir ou se rendre sans condition », a déclaré, mercredi, le ministre de la défense israélien, Yoav Gallant. L’armée de l’Etat hébreu a affirmé avoir éliminé, mercredi, le chef de l’unité anti-tanks du Hamas, Muhammad Atzar.

La bande de Gaza, dirigée depuis 2007 par le Hamas, est soumise depuis le 9 octobre par Israël à un « siège complet » qui prive sa population de livraisons d’eau, de nourriture et d’électricité. La situation humanitaire est jugée catastrophique pour ses 2,4 millions d’habitants.

Mercredi, le ministère de la santé du territoire, contrôlé par le Hamas, a affirmé que seize hôpitaux n’étaient plus opérationnels, sur les trente-cinq que compte le territoire. Mohammed Abu Selmeya, le directeur de l’hôpital Al-Shifa, à Gaza, le plus grand de l’enclave, a lancé un « dernier appel », prévenant que le générateur principal risquait de s’arrêter faute de carburant. « Si ce générateur s’arrête, la prochaine annonce sera la mort de bébés dans les couveuses, la mort de malades sous respirateurs, en soins intensifs et dans les salles d’opération », a-t-il lancé.

Dans le camp de Jabaliya, dans la bande de Gaza, le 1ᵉʳ novembre 2023.

L’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) a rapporté que plus de soixante-dix de ses collaborateurs avaient été tués depuis le 7 octobre, « souvent avec leurs familles ». Soixante et un camions transportant des médicaments et de la nourriture sont arrivés dans la bande de Gaza, mercredi, après cinquante-neuf la veille, selon les autorités israéliennes. Mais l’ONU insiste sur la nécessité d’une aide beaucoup plus massive.

Attaque de drone venue du Yémen

Près de 8 800 personnes, dont 3 648 enfants, ont été tuées dans l’enclave depuis le 7 octobre par les bombardements israéliens, selon le Hamas. Plus de 2 000 personnes sont portées disparues sous les décombres, d’après la même source. Le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, a affirmé, mercredi, que la région ne connaîtrait pas de stabilité si les Palestiniens n’obtenaient pas leur « indépendance ».

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Selon les autorités israéliennes, au moins 1 400 personnes ont été tuées en Israël depuis le début de la guerre, en majorité des civils et la plupart le jour de l’attaque du Hamas, d’une ampleur et d’une violence inédites depuis la création de l’Etat hébreu en 1948.

Après une première phase de riposte axée sur les bombardements massifs, Israël a aussi entrepris, depuis le 27 octobre, d’envoyer des chars et des soldats dans le nord de la bande de Gaza, où des combats l’opposent, au milieu des ruines, aux combattants du Hamas et des groupes armés palestiniens présents. L’armée israélienne a annoncé la mort de 331 de ses soldats depuis le début de la guerre.

Des sirènes alertant les Israéliens d’imminentes attaques à la roquette retentissent régulièrement. Les rebelles houthistes du Yémen ont affirmé avoir visé l’Etat hébreu, mercredi, avec une nouvelle attaque de drone.

La Turquie et l’Iran ont pour leur part appelé à la convocation d’une grande conférence internationale. Le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, doit se rendre en Israël vendredi, puis en Jordanie.

Le Monde avec AFP

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