Entre Dunkerque et Gaza, un lien à l’épreuve de la guerre

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Matteo Pottier Bianchi, président de l’association Dunkerque-Gaza, sous l’arbre de la liberté symbole du jumelage, le 24 octobre 2023.

« Entre Dunkerque et Gaza, c’est une longue histoire. » Matteo Pottier Bianchi ne sait pas par où commencer. Âgé de 22 ans, ce professeur d’histoire qui travaillait sur la période du Second Empire à l’université de la Sorbonne a été élu en décembre 2022 président de l’association franco-palestinienne Dunkerque-Gaza. Sa mission : préserver la coopération entre les deux territoires, liés par un jumelage depuis 1996. « Il y a des ­similitudes entre Dunkerque et Gaza, avance-t-il pour expliquer ce lien. Géographiquement, les deux territoires s’étendent sur une bande de terre, le long du littoral. Ils ont aussi tous les deux connu l’occupation, la guerre. » Depuis l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre, la situation a bien sûr totalement changé. « Aucune communication n’est possible, se désole Matteo Pottier Bianchi. Nous ne pouvons rien entreprendre, personne ne peut se rendre à Gaza. Un échange entre des étudiants dunkerquois et palestiniens était sur le point d’être lancé, mais la guerre l’a gelé. »

Le lien entre Dunkerque et Gaza a été officiellement tissé par le socialiste Michel Delebarre (1946-2022), ancien maire de la ville du Nord pendant vingt-cinq ans, de 1989 à 2014. Celui qui fut plusieurs fois ministre sous François Mitterrand éprouvait une sensibilité toute particulière à propos de la question israélo-palestinienne. « Pour lui, en 1993, les accords d’Oslo, qui devaient marquer la fin du conflit, ont été un grand moment d’espoir vite envolé à la suite de l’assassinat du premier ministre israélien Yitzhak Rabin, note Claude Nicolet, adjoint de Michel Delebarre de 1995 à 2014. Il voulait trouver un moyen d’œuvrer pour la paix. »

L’idée d’un mariage à trois

S’inspirant des jumelages mis en place entre les villes allemandes et françaises au sortir de la seconde guerre mondiale pour rapprocher les deux peuples, Michel Delebarre souhaite en faire de même avec le conflit israélo-palestinien. Au départ, l’idée d’un mariage à trois entre Dunkerque, Gaza et la commune israélienne de Ramat Hasharon, dans la banlieue de Tel-Aviv, est envisagée. En 1997, un arbre de la paix est même planté à Dunkerque en compagnie de Michel Delebarre, du Gazaoui Ashraf Shaat, étudiant à l’université de Dunkerque, et du maire de Ramat Hasharon, Ephraim Hiram. « En dépit des relations avancées avec Ramat Hasharon, le mariage tripartite a été abandonné en raison d’un pic de tensions lors de la seconde Intifada, entre 2000 et 2005, explique Matteo Pottier Bianchi. Les relations sont ensuite devenues trop tendues entre les deux camps. »

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