Tunisie : Rached Ghannouchi, le chef d’Ennahda, condamné à quinze mois de prison en appel

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Le chef du parti Ennahda, Rached Ghannouchi,  à Tunis, le 3 octobre 2019.

Un tribunal tunisien a durci en appel à quinze mois de prison ferme une condamnation pour apologie du terrorisme prononcée à l’encontre de Rached Ghannouchi, chef emprisonné du parti Ennahda et principal opposant au président tunisien, Kaïs Saïed, a annoncé son mouvement islamo-conservateur mardi 31 octobre. Rached Ghannouchi, en détention depuis avril dans un autre dossier, avait été condamné en mai 2023 à une peine d’un an de prison et à une amende d’environ 300 euros, confirmée en appel.

Le dirigeant de 82 ans a été condamné en vertu d’une plainte d’un syndicat de policiers dénonçant des propos qu’il avait tenus au début de 2022 lors de funérailles d’un responsable d’Ennahda à qui il avait assuré qu’il « ne craignait ni les puissants ni les tyrans », ce mot désignant les policiers, selon le dossier d’accusation.

« Ces accusations sont fausses et dépourvues de toute base légale », a affirmé Ennahda dans un communiqué, estimant que le mot « tyran » avait été « sorti de son contexte ». Le jugement en appel vient « illustrer une fois de plus la subordination d’une partie du pouvoir judiciaire au pouvoir exécutif et à sa volonté de harceler ses opposants politiques », a ajouté Ennahda.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés En Tunisie, la lente descente aux enfers d’Ennahda

Une vingtaine d’opposants emprisonnés

Rached Ghannouchi est la plus importante figure de l’opposition à Kaïs Saïed depuis que ce dernier, élu démocratiquement en 2019, s’est emparé des pleins pouvoirs lors d’un coup de force le 25 juillet 2021 puis a fait réviser la Constitution pour instaurer un régime ultraprésidentiel. Chef d’un parti qui a dominé la vie politique durant la dernière décennie, il a été interrogé dans plusieurs enquêtes, en particulier sur l’« envoi de djihadistes » vers la Syrie et l’Irak et des soupçons de « blanchiment d’argent sale ».

M. Ghannouchi est écroué depuis le 17 avril après avoir évoqué en public un risque de « guerre civile » en Tunisie si les partis de gauche ou ceux issus de l’islam politique comme Ennahda y étaient éliminés. Depuis février, plus d’une vingtaine d’opposants, d’hommes d’affaires et d’autres personnalités, qualifiées de « terroristes » par M. Saïed, sont emprisonnés sous l’accusation de « complot contre la sécurité intérieure ».

La dernière arrestation en date, le 5 octobre, est celle de l’opposante Abir Moussi, cheffe du Parti destourien libre, un mouvement nostalgique des dictatures du héros de l’indépendance Habib Bourguiba et de son successeur Zine El-Abidine Ben Ali, renversé en 2011 lors de la révolution qui a marqué le début du « printemps arabe ».

Le Monde avec AFP

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