Depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas, le campus de l’université de Californie à Berkeley est en ébullition

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Un rassemblement organisé en soutien à Israël sur le campus de l’université de Californie à Berkeley, le 27 octobre 2023.

Il y a quelques semaines, Offir Gutelzon, un entrepreneur de la Silicon Valley d’origine israélienne, protestait à San Francisco contre la réforme du système judiciaire décidée par le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou. Ce vendredi 27 octobre, il manifeste à l’université de Californie à Berkeley, pour le retour des otages détenus à Gaza par le Hamas. Le groupe prodémocratie qu’il a cofondé pour les expatriés israéliens, UnXeptable, a pivoté en quelques heures, le 7 octobre. Il a collecté des fonds et organisé des vols à destination de Tel-Aviv pour les réservistes. « On travaillait pour sauver la démocratie. Maintenant, c’est pour sauver Israël », déclare-t-il.

Offir Gutelzon a apporté des photos de plus de deux cents otages. Des étudiantes en tee-shirt blanc et bleu − les couleurs du drapeau israélien − accrochent les portraits entre les colonnes du Sproul Hall, le temple de l’activisme où résonnent toutes les causes depuis plus de cinquante ans, de la fin de la guerre au Vietnam à Black Lives Matter. Rom Braslavski, 19 ans, kidnappé. Famille Brodutch. Hagar (39 ans), Ofri (10 ans), Yuval (8 ans), Oria (4 ans), kidnappés. Amelia Alony, 5 ans, kidnappée. « Chaque photo, c’est un coup de poignard dans le cœur », murmure Eyal K., 31 ans, un étudiant en doctorat de mathématiques, qui venait d’arriver d’Israël quand le Hamas a attaqué son pays. Le jeune homme aimerait trouver un peu plus de chaleur sur le campus. Lui, il n’est que « solidarité » pour les Palestiniens, qui sont « prisonniers du Hamas », affirme-t-il. Au milieu du cortège de portraits, il a l’air un peu perdu. « J’ai peur d’être pris au milieu d’un conflit énorme. »

La manifestation est la deuxième organisée par les associations juives de l’université depuis le début du conflit. Le 16 octobre, des frictions avaient eu lieu avec les étudiants propalestiniens, très majoritaires sur le campus. Depuis, les deux camps s’évitent. Rachel Weissman, 20 ans, a grandi à Los Angeles, ville qui compte une importante communauté juive. « Ici, c’est très différent, souligne-t-elle. On est tout de suite mis à part. » Depuis le 7 octobre, l’étudiante s’estime la cible d’intimidations, de stigmatisation. Dans ses cours de relations internationales, les profs ont parlé de la « tragédie à Gaza », mais « sans donner le contexte », reproche-t-elle. Elle s’en est chargée. « Ma mère vient d’Israël. Elle m’a appris à prendre la parole. C’est important de se défendre, surtout à Berkeley. »

« Les manifestants appellent au nettoyage ethnique »

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