Pétrole : « La guerre Israël-Hamas amplifierait les effets de la politique restrictive de l’OPEP soutenue par la Russie et ceux de la guerre en Ukraine »

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La raffinerie de pétrole de Saudi Aramco, à Ras Tanura, en Arabie saoudite, le 21 mai 2018.

Le pire n’est jamais sûr, mais… Mais le prix du baril de pétrole pourrait atteindre 157 dollars (148 euros), au-dessus de son record de 148 dollars, en août 2008. C’est l’un des scénarios établis par la Banque mondiale en cas d’embrasement du conflit aux frontières d’Israël, jusqu’à présent circonscrit à la bande de Gaza et au sud du Liban. Un tel conflit régional amplifierait les effets de la politique restrictive de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) soutenue par la Russie et ceux de la guerre en Ukraine, qui a entraîné le choc le plus violent de ces cinquante dernières années sur les marchés des matières premières.

Les cours de l’or noir n’ont progressé que de 6 % depuis le 7 octobre, jour de l’incursion meurtrière des terroristes du Hamas en territoire israélien, indique l’institution de Washington dans le « Commodity Markets Outlook », son rapport annuel sur les matières premières sous-titré « A l’ombre des risques géopolitiques » et publié lundi 30 octobre.

Ce choc viendrait d’une « perturbation des approvisionnements » du Moyen-Orient, qui assure 40 % de la production mondiale. Les prix atteindraient de 93 à 102 dollars, si l’offre est réduite de 500 000 à 2 millions de barils par jour ; de 109 à 121 dollars, avec de 3 millions à 5 millions de barils en moins ; entre 140 et 157 dollars en cas de perte de 6 millions à 8 millions de barils, un choc comparable à l’embargo pétrolier arabe de 1973.

Pures raisons politiques

Le rapport souligne que l’économie mondiale, même atone, serait « en bien meilleure position que dans les années 1970 pour faire face à un choc pétrolier majeur ». Depuis cette époque, les pays ont en effet réduit de plus de 50 % la quantité de brut nécessaire pour générer 1 dollar de produit intérieur brut, diversifié leurs fournisseurs, trouvé de nouvelles sources d’énergie. Le scénario de référence est rassurant : « Les prix devraient atteindre, en moyenne, 90 dollars le baril ce [quatrième] trimestre, avant de retomber à 81 dollars en moyenne [en 2024] », en raison du ralentissement de la croissance.

Etablir de tels scénarios s’inscrit dans les missions de la Banque mondiale. Car derrière la flambée du pétrole – crainte obsessionnelle des pays riches – se profile l’envolée des prix agricoles et des denrées alimentaires. Forte dans de nombreux pays en développement, où 700 millions de personnes sont sous-alimentées, l’inflation oblige leurs dirigeants à régler le problème dans l’urgence. Et à restreindre, parfois pour de pures raisons politiques, l’exportation de riz, de céréales et d’engrais, alimentant la volatilité des cours et l’insécurité alimentaire. La Banque mondiale ne désigne pas de coupables. Ils sont connus : la Russie, l’Ukraine, l’Inde, la Turquie, l’Argentine…

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