Guerre Israël-Hamas : Benyamin Nétanyahou refuse tout cessez-le-feu

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Frappes israéliennes sur la bande de Gaza, le 30 octobre 2023.

Malgré les appels répétés des Nations unies (ONU), le gouvernement israélien a exclu, lundi 30 octobre, tout cessez-le-feu dans la bande de Gaza, au vingt-quatrième jour de la guerre déclenchée, le 7 octobre, par l’attaque sanglante du Hamas contre Israël. Depuis vendredi soir, opérations au sol et frappes israéliennes se sont intensifiées, avec pour objectif d’« anéantir » le mouvement islamiste palestinien et de « ramener les otages à la maison », affirment les autorités israéliennes.

« Tsahal a étendu son entrée terrestre dans la bande de Gaza, elle le fait par étapes mesurées et très puissantes, en progressant méthodiquement », a affirmé, lundi, Benyamin Nétanyahou. Selon le premier ministre israélien, la « troisième phase » de l’opération militaire a débuté.

Dans la nuit de lundi à mardi, le Croissant-Rouge palestinien s’est alarmé sur X (ex-Twitter) de frappes « incessantes » aux abords de l’hôpital Al-Qods, dans le nord de la bande de Gaza, où des civils se sont réfugiés pour se protéger des bombardements israéliens. « Le bâtiment tremble et les personnes déplacées ainsi que le personnel sont en proie à la peur et à la panique », a dénoncé l’organisation humanitaire, qui avait déjà fait part de bombardements dans cette zone dimanche soir. Outre des patients, le complexe hospitalier abrite 14 000 personnes venues s’y réfugier pour échapper aux frappes, selon le Croissant-Rouge.

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Un autre établissement, l’hôpital turco-palestinien de Gaza, a également subi des frappes selon son directeur. Des bombardements condamnés « avec la plus grande fermeté » par le ministère des affaires étrangères turc – cet hôpital, « le seul à traiter » les patients souffrant de cancers à Gaza, a été financé par Ankara. « Le siège et ces attaques inhumaines, qui visent à priver les Palestiniens de Gaza de leurs droits les plus fondamentaux, violent clairement le droit international », a déclaré le ministère.

Israël a accusé à plusieurs reprises le Hamas de se servir des hôpitaux pour cacher des armes ou des combattants. Le mouvement islamiste palestinien a catégoriquement démenti.

Une otage libérée, une autre déclarée morte

Benyamin Nétanyahou a rejeté de nouveau, lundi, toute idée de trêve. « Les appels à un cessez-le-feu sont des appels à se rendre face au Hamas. Cela ne se produira pas », a-t-il insisté, comparant l’attaque du 7 octobre contre Israël à Pearl Harbor et au 11-Septembre. A l’ONU, lundi, l’ambassadeur israélien, Gilad Erdan, a accroché une étoile jaune sur sa poitrine pour protester contre le silence du Conseil de sécurité sur les massacres perpétrés par le Hamas. Profondément divisé, le Conseil n’a pas réussi à se mettre d’accord quant à une résolution sur le conflit entre Israël et le groupe islamiste armé.

Le président israélien, Isaac Herzog, a exhorté la communauté internationale à exiger la libération « immédiate et sans conditions » de tous les otages. L’une d’entre elles, une militaire, Ori Megidish, a été libérée par l’armée israélienne lors d’une opération terrestre, a annoncé Tsahal lundi, précisant qu’elle se portait bien et avait retrouvé sa famille. De son côté, le Hamas a publié, lundi, une vidéo de trois femmes présentées comme des otages, où l’une d’elles appelle Benyamin Nétanyahou à conclure un échange de prisonniers avec le mouvement islamiste pour leur libération. M. Nétanyahou a dénoncé une « propagande psychologique cruelle ». Seules quatre femmes ont été relâchées à ce jour par le Hamas.

Le ministère des affaires étrangères israélien a en revanche confirmé, lundi, la mort de Shani Louk, une Germano-Israélienne qui avait été reconnue après son enlèvement sur des vidéos montrant une femme à moitié dénudée, inconsciente, visage contre terre à l’arrière d’un pick-up. Dénonçant un acte de « barbarie », le chancelier allemand, Olaf Scholz, a déclaré qu’« Israël a le droit de se défendre ».

La guerre entre le Hamas et Israël a fait des milliers de morts, majoritairement des civils, et met à très rude épreuve les 2,4 millions d’habitants de la bande de Gaza, soumis depuis le 9 octobre à un « siège complet » les privant d’eau, de nourriture et d’électricité. Le Hamas affirme que plus de 8 300 personnes, majoritairement des civils, ont été tuées dans les bombardements israéliens depuis le 7 octobre. En Israël, d’après les autorités, plus de 1 400 personnes, essentiellement des civils, ont été tuées le jour de l’attaque du Hamas, et 239 personnes sont retenues en otage depuis dans l’enclave.

Le système d’aide actuel à Gaza est « voué à l’échec » selon l’ONU

Trente-trois camions d’aide humanitaire sont entrés à Gaza dimanche via le point de passage de Rafah à la frontière avec l’Egypte, a fait savoir le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU. Le système actuel d’aide à la bande de Gaza via le poste-frontière de Rafah est cependant « voué à l’échec », a mis en garde, lundi, le chef de l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens, dénonçant la « punition collective » imposée par Israël.

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Au total, 117 poids lourds ont pu entrer dans l’enclave depuis la reprise limitée de l’acheminement de l’aide, le 21 octobre. L’organe du ministère israélien de la défense supervisant les activités civiles dans les territoires palestiniens, le Cogat, a affirmé mardi que trente-neuf autres camions étaient arrivés lundi.

Pour la première fois depuis le début de la guerre, des chars israéliens ont été aperçus en lisière de la ville de Gaza, selon des témoins. D’après ces sources, les blindés et l’aviation israélienne ont bombardé un axe routier nord-sud avant de se retirer. La branche militaire du Hamas a affirmé avoir riposté en tirant des obus en direction « de deux blindés ».

En vingt-quatre heures, l’armée israélienne assure avoir frappé « six cents cibles » – dépôts d’armes, sites de lancement de missiles et caches – du Hamas, qu’Israël, les Etats-Unis et l’Union européenne considèrent comme une organisation terroriste. Elle assure également avoir tué « des dizaines de terroristes ». Le Hamas a, lui, fait état lundi de « combats intenses » dans le nord du territoire, sans donner de bilan.

Le conflit a aussi exacerbé les tensions en Cisjordanie occupée. Lundi, cinq Palestiniens ont été tués lors d’un raid de l’armée israélienne, d’après le ministère de la santé local. Selon lui, près de cent vingt Palestiniens ont été tués depuis le 7 octobre en Cisjordanie par des tirs de soldats et de colons israéliens.

Alors que la communauté internationale redoute un embrasement régional, les tensions restent très vives à la frontière israélo-libanaise entre les troupes de l’Etat hébreu et des groupes armés, notamment le Hezbollah. Ce dernier a annoncé, lundi, la mort d’un de ses combattants, portant à quarante-sept le total de ses membres tués depuis le 7 octobre. Et l’armée israélienne a de nouveau effectué des frappes contre des « infrastructures » du groupe armé chiite au Liban dans la nuit de lundi à mardi.

Dans un entretien lundi à l’Agence France-presse, le premier ministre libanais, Najib Mikati, a assuré que son pays faisait tout son possible pour ne pas être entraîné dans le conflit, déclarant toutefois : « Je crains qu’une escalade n’englobe toute la région. »

Le Monde avec AFP

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