Opération séduction de la Corée du Sud en vue de l’exposition universelle de 2030

0 Shares
0
0
0

Ce matin-là, le 9 octobre, en bord de Seine, à quelques encablures de la tour Eiffel, un hélicoptère d’un genre nouveau attire le regard des passants. Autour, une délégation coréenne en costume sombre se presse pour le photographier. Ce taxi volant, dernière innovation du groupe SK Telecom, est aussi l’une des vitrines mises en avant par la Corée du Sud, en lice pour accueillir l’Exposition universelle de 2030.

En février, d’ailleurs, l’opérateur coréen a signé un mémorandum d’entente avec le comité de candidature pour faire de ce véhicule électrique le principal moyen de transport sur les sites de l’événement.

Innovations, rencontres d’industriels coréens et d’ambassadeurs avec les politiques et journalistes, symposium, affichages publicitaires et concert de K-pop. Cette semaine coréenne dans la capitale française participe au vibrant plaidoyer mené par la Corée du Sud en faveur de Pusan, la deuxième ville du pays, une des dernières candidates aux côtés de Riyad, en Arabie saoudite, et de Rome, en Italie, en amont du vote, le 28 novembre.

« L’Arabie saoudite est clairement favorite »

A cette date, les représentants du Bureau international des expositions (BIE), qui se trouve à Paris, devront trancher entre ces trois candidatures. L’assemblée générale tiendra un vote secret impliquant les 182 Etats membres sur le principe d’un pays, une voix. « Lorsqu’il y a plus de deux candidats, un projet doit recueillir deux tiers des voix pour être élu dès le premier tour. Si aucun projet ne reçoit deux tiers des voix au premier tour, le projet qui a obtenu le moins de voix est éliminé. La procédure se poursuit jusqu’à ce qu’il ne reste que deux candidats. Le pays hôte sera ensuite élu à la majorité simple », rappelle-t-on au sein du BIE.

A ce stade, Riyad semble tenir la corde. « L’Arabie saoudite a beaucoup d’argent et elle est clairement favorite, explique un lobbyiste, ancien diplomate sud-coréen, récemment embauché par l’un des grands chaebols, ces conglomérats géants qui structurent l’économie de la Corée du Sud. La quasi-totalité des pays d’Afrique vont voter pour elle. Nous espérons faire un score suffisant lors du vote du 28 novembre pour être présent lors d’un second tour de scrutin. Dans ce cas, les cartes seraient rebattues et tout serait possible », ajoute-t-il en préférant garder l’anonymat.

Mener à bien une telle campagne revient à mettre sur pied une véritable machine de guerre. Le premier ministre coréen, Han Duck-soo, et sa délégation ont effectué trois voyages dans la capitale française depuis juin, pour participer à diverses activités liées à l’accueil de l’Exposition universelle.

Il vous reste 50% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

source

0 Shares
Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You May Also Like