Le Royaume-Uni organise le premier sommet mondial sur les risques associés à l’intelligence artificielle

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Rishi Sunak, après un discours sur l’intelligence artificielle à la Royal Society, à Londres, le 26 octobre 2023.

Les médias britanniques l’ont baptisé le « doom summit », le sommet des désastres. Les mercredi 1er et jeudi 2 novembre, le gouvernement de Rishi Sunak organise, à Bletchley Park, au nord-ouest de Londres, la première conférence mondiale consacrée aux risques associés à l’intelligence artificielle (IA). Sur cette ex-base des services de renseignement britanniques, où le mathématicien Alan Turing est parvenu à décrypter la machine de chiffrement allemande Enigma durant la seconde guerre mondiale, une centaine de dirigeants, de chefs d’entreprise et d’experts plancheront sur les risques existentiels que pose la « Frontier AI » : les plus avancés des modèles d’IA générative, capables de créer des contenus extrêmement élaborés (vidéos, images, sons et textes) en un temps record.

Downing Street, qui s’est entouré d’experts à la renommée incontestée pour préparer ce rendez-vous, comme Yoshua Bengio, professeur d’informatique à l’université de Montréal, au Canada, a publié en amont du sommet ses propres conclusions, particulièrement sombres, sur les risques associés à la « Frontier AI ». A partir de 2030, les futures générations de ces modèles pourraient aider des groupes terroristes à fomenter des attaques chimiques, rendre possibles des cyberattaques d’ampleur et d’efficacité inégalées, manipuler les opinions publiques à grande échelle, augmenter le chômage et la pauvreté, voire échapper au contrôle des humains…

« Je ne veux pas paraître alarmiste et certains experts pensent que ces risques ne se matérialiseront pas. Mais s’ils se manifestent, les conséquences seront énormes. (…) Nous pourrions regarder ailleurs, mais nous pensons qu’il vaut mieux affronter cette réalité, car c’est la meilleure chose à faire pour protéger les Britanniques », a expliqué le premier ministre, Rishi Sunak, jeudi 26 octobre, depuis les locaux de la Royal Society, à Londres, l’une des plus anciennes sociétés savantes au monde. Pour le dirigeant de 43 ans, qui a effectué une partie de ses études à l’université Stanford, en Californie, qui entretient un bon réseau de connaissances dans la Silicon Valley et assure être « protechnologies », il ne s’agit pas seulement de faire peur dans un climat déjà très anxiogène.

En tirer un bénéfice politique

Avec ce sommet, dont il est l’instigateur et auquel il a consacré beaucoup d’énergie, le dirigeant conservateur espère inscrire fermement le Royaume-Uni sur la carte de l’intelligence artificielle, les modèles génératifs progressant à une vitesse fulgurante avec des implications économiques et géopolitiques évidentes. Les deux géants de l’IA sont la Chine et les Etats-Unis, ce dernier hébergeant les principales entreprises du secteur (Google DeepMind, OpenAi, Amazon), mais le Royaume-Uni « est le meilleur endroit en Europe pour lever des capitaux, là où les géants des technologies choisissent d’installer leurs filiales européennes. Et l’IA présente d’énormes opportunités pour ceux qui sauront contrôler ses risques », a souligné M. Sunak, jeudi.

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