Guerre Israël-Hamas : les Etats-Unis et le fantôme de la solution à deux Etats

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Le président américain, Joe Biden, avec Benyamin Nétanyahou, lors de sa visite en Israël, le 18 octobre 2023.

Joe Biden aime se présenter comme un « optimiste invétéré ». Pourtant, il n’a guère exprimé cette qualité en politique étrangère, lui préférant un froid réalisme. A l’aube de son mandat, sa feuille de route privilégiait la revitalisation des alliances et la compétition avec la Chine. Le conflit israélo-palestinien était considéré comme une cause perdue, une crise lancinante qu’il fallait simplement contenir, faute de pouvoir la résoudre. Mais de la même façon que l’invasion russe en Ukraine a bouleversé les priorités américaines, l’attaque du Hamas contre Israël a obligé la Maison Blanche à se réintéresser au Proche-Orient. En restant prisonnière de prismes anciens.

La nouvelle guerre ouverte entre Israël et les factions armées palestiniennes est une catastrophe à dimensions multiples pour Washington. Elle présente des risques sérieux d’extension régionale, avec l’entrée en scène éventuelle du Hezbollah libanais, voire de l’Iran. La Maison Blanche a déployé des forces impressionnantes en Méditerranée orientale, à titre préventif, susceptibles de participer à la défense d’Israël.

Le président Biden voulait imprimer sa marque en clôturant la guerre sans fin en Afghanistan, en 2021. Le voilà sur le pas d’une autre porte léchée par les flammes. Déjà, les bases américaines en Syrie et en Irak sont harcelées par des milices armées, à la fois autonomes et liées à Téhéran, qui ont mené une vingtaine d’attaques surtout symboliques.

Sur le plan diplomatique, les Etats-Unis se retrouvent isolés dans leur soutien public inconditionnel à Israël. Le processus de normalisation entre ce dernier pays et l’Arabie saoudite est gelé. Pourtant, l’administration Biden y avait consacré beaucoup d’efforts, au point d’assumer l’héritage de Donald Trump, qui avait refusé de considérer la résolution du conflit comme un préalable à ce rapprochement historique. Après un désengagement du Moyen-Orient, symbolisé par le refus de Barack Obama de frapper le régime syrien en 2013, voilà les Américains rattrapés par une nouvelle erreur de diagnostic : le commerce et les projets d’investissements ne forment pas une autoroute vers la paix. La Russie et, dans une moindre mesure, la Chine s’engouffrent dans la brèche. Ces Etats se posent en défenseurs des civils gazaouis et promoteurs d’une approche équilibrée au Moyen-Orient. Les Occidentaux ont beau s’étrangler devant l’hypocrisie de Moscou, après tant de crimes de guerre russes en Ukraine, ils perdent du terrain dans la région.

L’exaspération des pays arabes

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