A Gaza, la guerre urbaine a commencé

0 Shares
0
0
0
Des bombardements et des raids de l’armée israélienne sur le nord de la bande de Gaza, le 29 octobre 2023. Une photo prise depuis Sdérot, en Israël.

Jour après jour, le visage d’une guerre terrible apparaît. Lundi 30 octobre, voilà quarante-huit heures que l’armée israélienne a lancé – après des préparatifs et une attente de plusieurs semaines – une opération militaire dans Gaza dans l’intention d’accomplir la « destruction » du Hamas, comme l’avait rappelé, vendredi, le ministre de la défense, Yoav Gallant, juste avant qu’elle ne soit lancée. Les forces israéliennes n’ont cependant pas envoyé des divisions entières à l’assaut de l’enclave où les attendent les combattants du Hamas (environ 30 000 hommes, renforcés par des volontaires), ceux du Jihad islamique (quelques milliers) et de petits groupes plus marginaux, embusqués dans un dispositif défensif incluant un réseau souterrain géant.

Les forces israéliennes entrées dans Gaza, dont le nombre reste inconnu, progressent en plusieurs points de l’enclave, notamment dans la partie la plus au nord, entre la mer et Beit Hanoun. Dimanche, l’armée a été engagée dans plusieurs combats au sol. En même temps, des frappes aériennes, les plus massives depuis le début de ce conflit, se sont abattues sur l’enclave. Selon l’état-major israélien, plus de 450 de ces bombardements ont été lancés dans les vingt-quatre heures précédentes. Les premières avaient commencé au lendemain de l’attaque terroriste du Hamas sur Israël, le 7 octobre. Dans Gaza, cela s’est traduit par un chaos grandissant et des destructions d’ampleur.

Le bilan des personnes tuées depuis le début des bombardements, selon le ministère de la santé dans le territoire palestinien administré par le Hamas, dépasse désormais les 8 000 morts. Samedi, la défense civile à Gaza estimait que « des centaines d’immeubles et de maisons ont été entièrement détruits ». Le pire est sans doute à venir. L’armée israélienne considère que le mouvement islamiste a construit son infrastructure militaire souterraine en privilégiant les zones où se trouvent, en surface, des hôpitaux, des mosquées et des écoles.

« L’ordre civil est en train de s’effondrer »

Des frappes ont déjà visé les abords de l’hôpital d’Al-Qods, dimanche. « Nous avons reçu des menaces » d’Israël pour « évacuer immédiatement l’hôpital car il allait être bombardé », a déclaré le directeur de l’hôpital, Bachar Mourad, cité par l’Agence France-Presse. « Nous réitérons qu’il est impossible d’évacuer des hôpitaux remplis de patients sans mettre leur vie en danger », a, pour sa part, alerté le chef de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Il vous reste 75% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

source

0 Shares
Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You May Also Like