Israël : Benyamin Nétanyahou prévient que la guerre contre le Hamas sera « longue et difficile »

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Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, rencontre des soldats à la frontière de Gaza, le 19 octobre 2023.

La guerre contre le Hamas est entrée samedi 28 octobre dans une nouvelle étape et sera « longue et difficile », a prévenu le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, trois semaines après le début des hostilités, déclenchées par l’attaque la plus meurtrière de l’histoire d’Israël.

Depuis vendredi soir, l’armée israélienne opère au sol avec des soldats et des blindés, tout en intensifiant ses bombardements de la bande de Gaza déclenchés après les massacres du 7 octobre lors desquels 1 400 personnes ont été tuées côté israélien, essentiellement des civils.

« La guerre dans la bande de Gaza sera longue et difficile et nous y sommes prêts », a déclaré M. Nétanyahou samedi lors d’une conférence de presse à Tel-Aviv, ajoutant que son armée « détruira l’ennemi sur terre et sous terre ». Une référence au gigantesque réseau de tunnels d’où, selon les militaires, le Hamas dirige ses opérations.

Vaincre le Hamas est un « défi existentiel », a estimé le premier ministre israélien, s’en prenant de nouveau à Téhéran. « Je pense que 90 % du budget militaire du Hamas vient d’Iran », a-t-il accusé. Désormais, Israël a engagé « la deuxième étape de la guerre, dont l’objectif est clair : détruire les capacités militaires et la direction du Hamas ; ramener les otages à la maison », a affirmé M. Nétanyahou après avoir rencontré les familles des personnes retenues captives dans la bande de Gaza. Le premier ministre israélien a déclaré aux familles des otages qu’il explorera « toutes les options » pour les faire libérer.

Le chef du Hamas dans la bande de Gaza, Yahya Sinouar, s’est exprimé samedi soir pour la première fois depuis le 7 octobre, se déclarant prêt à conclure « immédiatement » un échange des otages que le mouvement islamiste palestinien retient – 230 selon l’armée israélienne –, contre « tous les prisonniers » palestiniens incarcérés par Israël. Le Hamas, qui avait menacé d’exécuter des otages, estime à « près de 50 » le nombre d’entre eux tués dans les bombardements. Seules quatre femmes ont été libérées à ce jour.

« Plusieurs terroristes du Hamas tués »

L’armée israélienne a appelé à nouveau, dimanche à l’aube, les Palestiniens à se rendre dans le sud de la bande de Gaza, dans un message posté sur X (ex-Twitter). « Les civils du nord de Gaza et de la ville de Gaza devraient se déplacer temporairement au sud du Wadi Gaza [la rivière qui coupe l’enclave par le milieu], vers une zone plus sûre où ils pourront recevoir de l’eau, de la nourriture et des médicaments. [Dimanche], les efforts humanitaires à Gaza, menés par l’Egypte et les Etats-Unis, seront accrus », a déclaré le général Daniel Hagari, porte-parole de l’armée israélienne. Tsahal avait déjà affirmé samedi qu’elle considérait désormais la ville de Gaza et sa région comme un « champ de bataille » et a fait état de « plusieurs terroristes du Hamas tués » dont un responsable « ayant pris part à l’organisation du massacre du 7 octobre ».

Le Hamas affirme de son côté que plus de 8 000 personnes, dont la moitié sont des enfants, ont été tuées dans les bombardements israéliens. Les autorités locales, contrôlées par le mouvement islamiste, ont indiqué qu’un « grand nombre » de personnes avaient été tuées dans la nuit lors de frappes aériennes sur deux camps de réfugiés dans le nord de l’enclave.

Plus tôt, le commandement israélien avait mis en garde les habitants des villes d’Ashdod et d’Ashkelon, dans le sud d’Israël, contre des tirs de missiles et de roquettes. Les services de secours n’ont déploré aucune victime. En revanche, trois personnes ont été blessées dans la journée après le tir de salves de roquettes depuis Gaza.

Des voitures calcinées par une roquette tirée depuis Gaza, à Kiryat Ono (Israël), le 28 octobre 2023.

L’ONU craint une catastrophe humanitaire dans l’enclave palestinienne. Son secrétaire général, Antonio Guterres, a déploré samedi l’« escalade sans précédent des bombardements » qui « compromettent les objectifs humanitaires », appelant une nouvelle fois à un cessez-le-feu immédiat. La présidente du Comité international de la Croix-Rouge, Mirjana Spoljaric, a jugé « inacceptable que les civils n’aient aucun endroit sûr où aller à Gaza au milieu des bombardements massifs », estimant que « le monde ne devait pas tolérer » ce qui se passe.

Le téléphone et Internet progressivement rétablis

Environ 2,4 millions de personnes vivent entassées sur ce territoire de 362 kilomètres carrés, manquant d’eau, de nourriture, d’électricité, et depuis vendredi, de communications et d’Internet. Au total, 84 camions d’aide humanitaire ont pu arriver via l’Egypte en une semaine, selon l’ONU, alors qu’il en faudrait 100 par jour.

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Les bombardements sur Gaza ont coïncidé avec une coupure des communications et d’Internet. Des ONG et des agences de l’ONU ont indiqué avoir perdu le contact avec leurs équipes à Gaza. Les opérations humanitaires et l’activité des hôpitaux « ne peuvent continuer sans communications », s’est alarmée Lynn Hastings, une responsable de l’ONU. Les services de téléphonie mobile et l’accès à Internet sont en train d’être progressivement rétablis dans la bande de Gaza, ont indiqué tôt dimanche plusieurs médias palestiniens et l’organisation de surveillance du réseau Netblocks.

Une explosion à Gaza après un raid aérien israélien, vu depuis Sdérot (Israël), le 28 octobre 2023.

Depuis le 9 octobre, Israël a imposé un « siège total » à Gaza, y coupant les approvisionnements en eau, électricité et nourriture, alors que le territoire palestinien était déjà soumis à un blocus israélien terrestre, aérien et maritime depuis que le mouvement islamiste a pris le pouvoir, il y a plus de seize ans. « Beaucoup plus » de gens vont « bientôt mourir » en raison du siège, a indiqué le chef de l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), Philippe Lazzarini.

Certaines opérations chirurgicales sont réalisées sans endormir complètement les patients, dont des amputations, en raison de la pénurie de produits anesthésiques, a alerté samedi Médecins sans frontières (MSF).

Tension très vive en Cisjordanie

La communauté internationale redoute un embrasement régional, alors que l’Iran, soutien du Hamas et du Hezbollah libanais, a lancé des avertissements aux Etats-Unis, proche allié d’Israël. La tension est aussi très vive en Cisjordanie occupée depuis 1967, où plus de 100 Palestiniens ont été tués par des soldats ou des colons israéliens depuis le 7 octobre.

A la frontière nord d’Israël avec le Liban, où les échanges de tirs sont quasi quotidiens entre l’armée israélienne et le Hezbollah, le siège des Casques bleus de l’ONU dans le Sud a été touché samedi par un obus, sans faire de victime. Un casque bleu a été légèrement blessé près de Hula par des bombardements, selon la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul).

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a qualifié samedi de « criminel de guerre » Israël, qui a dans la foulée annoncé rappeler ses diplomates de Turquie. M. Erdogan a aussi accusé l’Occident d’être « le principal coupable des massacres à Gaza ». Des dizaines de milliers de personnes ont également manifesté samedi en soutien aux Palestiniens à Londres, et des milliers à Paris et à Zurich.

Le Monde avec AFP

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