« Le festival Tribe of Nova, frappé par le Hamas, était bien plus qu’une rave-party »

0 Shares
0
0
0
Sur les lieux du festival Tribe of Nova, où 270 participants ont été tués par des membres du Hamas, le 7 octobre 2023, près du kibboutz de Beeri (Israël), le 23 octobre 2023.

[Marc Bonomelli est journaliste indépendant, spécialisé dans l’étude du fait religieux et des nouvelles spiritualités. Auteur des Nouvelles Routes du soi. En immersion chez les nouveaux spirituels (Arkhê, 2022), il analyse dans une chronique mensuelle la spiritualité foisonnante de notre époque et la manière dont elle se réinvente. Des « néodruides » aux « soul surfers », ces nouvelles « routes du soi » semblent traverser tous les domaines, de la santé à la politique, en passant par le numérique, le développement personnel et, bien sûr, les religions.]

Un nouveau Bataclan ? La comparaison a parfois été utilisée pour décrire le massacre de 260 personnes dans le désert du Néguev, le 7 octobre. Or le rassemblement israélien pris pour cible par les terroristes n’était pas un simple événement festif, culturel ou musical. Le festival Tribe of Nova était d’ailleurs bien plus qu’une rave-party, étiquette qui lui a souvent été accolée depuis par les médias : le Hamas a frappé un véritable avatar de la nouvelle spiritualité occidentale – même si le mouvement islamiste palestinien ne l’a pas officiellement revendiqué ainsi.

Institution de la spiritualité contemporaine

« Les personnes qui s’orientent vers la néospiritualité ne se contentent pas d’adopter simultanément une série de disciplines alternatives ou holistiques, telles que le yoga moderne et les techniques énergétiques comme le reiki ou autres, mais participent activement à des pratiques de mouvement, de danse et de musique en conscience », m’explique la chercheuse en sciences des religions Manéli Farahmand, directrice du Centre d’information sur les croyances (CIC), à Lausanne. Tribe of Nova s’inscrit pleinement dans cette démarche.

Cette fête dans le désert était la première déclinaison en Israël du festival brésilien Universo Paralello, né à Bahia il y a une vingtaine d’années. Ce dernier « compte depuis, assure Manéli Farahmand, un très large public qui circule dans les réseaux néospirituels transnationaux ». Comparés parfois à des Woodstock contemporains, ces rassemblements fonctionnent comme des institutions de la spiritualité contemporaine.

En Europe, au Portugal, on citera ainsi le Boom Festival, ayant réuni près de 40 000 personnes cet été, qui s’insère dans le même esprit. Y sont partagées et reproduites des valeurs « présentées comme étant alternatives, ajoute la socio-anthropologue : la coexistence pacifique et harmonieuse interespèces, l’unité dans la différence, l’amour, la paix, la référence au cœur et non aux règles extérieures, etc. ».

Il vous reste 65% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

source

0 Shares
Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You May Also Like