L’armée israélienne « étend » ses opérations à Gaza

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Une explosion causée par les bombardements israéliens à Gaza, vue depuis la ville de Sdérot, en Israël, le 27 octobre 2023.

Des combats au sol se déroulaient, samedi 28 octobre, dans la bande de Gaza, cible de frappes israéliennes sans précédent, trois semaines après le début de la guerre entre Israël et le groupe armé palestinien Hamas. L’enclave est coupée du monde en raison de l’arrêt des télécommunications et d’Internet.

L’armée israélienne avait dit, vendredi soir, avoir augmenté ses frappes à Gaza d’une « manière très significative » avant d’annoncer que ses forces terrestres allaient y « étendre » leurs opérations. Israël accuse le Hamas d’avoir installé son quartier général dans le sous-sol d’un hôpital et de se servir de la population comme « bouclier humain », des accusations démenties par le mouvement islamiste palestinien.

Après ces annonces, le Hamas s’est dit « prêt » à faire face à une offensive terrestre et a tiré des roquettes sur l’Etat hébreu. Dans la soirée, le mouvement islamiste armé a fait état de « violents combats » avec les troupes israéliennes dans la bande de Gaza. Les Brigades Ezzedine Al-Qassam, la branche militaire du Hamas, ont évoqué des combats au sol dans deux secteurs de l’enclave palestinienne : « Nous faisons face à des incursions israéliennes au sol à Beit Hanoun [nord] et Al-Bourej [centre]. »

Un porte-parole de l’armée israélienne a confirmé de son côté à l’Agence France-Presse (AFP), dans la nuit de vendredi à samedi, que les forces israéliennes opéraient « à l’intérieur de la bande de Gaza comme elles l’ont fait » en conduisant une incursion la nuit précédente. Vendredi soir, des images de l’AFP montraient des explosions et de la fumée s’élevant dans le ciel au-dessus de l’enclave palestinienne.

Black-out à Gaza

Dans le même temps, les communications et Internet ont été coupés dans la bande de Gaza, selon le gouvernement du Hamas, qui a autorité sur le territoire depuis 2007. Le Croissant-Rouge palestinien et plusieurs agences des Nations unies (ONU) et des ONG ont dit avoir perdu le contact avec leurs équipes à Gaza en raison de ce black-out.

Alors que l’ONU dit craindre une « avalanche de souffrances humaines » dans l’enclave palestinienne assiégée, l’Assemblée générale de l’organisation internationale a adopté vendredi, à une très large majorité, une résolution réclamant « une trêve humanitaire immédiate ». Ce texte non contraignant a été salué par le Hamas mais vivement rejeté par Israël, l’ambassadeur de l’Etat hébreu à l’ONU dénonçant une « infamie ».

La bande de Gaza, soumise à un blocus israélien terrestre, aérien et maritime depuis plus de seize ans, est placée depuis le 9 octobre en état de « siège total » par Israël, qui y a coupé l’eau, l’électricité et l’approvisionnement en nourriture.

« Les services de base s’effondrent, les réserves de médicaments, de nourriture et d’eau s’épuisent, les égouts commencent à déborder dans les rues de Gaza », a décrit, vendredi, le patron de l’Agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), Philippe Lazzarini.

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Depuis le 15 octobre, l’armée israélienne appelle la population du nord du territoire, où les bombardements sont les plus intenses, à évacuer vers le sud. Mais les frappes continuent aussi de toucher la partie méridionale de Gaza, près de la frontière égyptienne fermée.

Manifestations en Cisjordanie

Le ministère de la santé du Hamas a affirmé, vendredi, que 7 326 personnes, en majorité des civils dont plus de 3 000 enfants, ont été tuées à Gaza dans les bombardements israéliens depuis l’attaque perpétrée par le groupe islamiste contre l’Etat hébreu le 7 octobre. Plus de 1 400 personnes ont été tuées en Israël dans cette attaque, essentiellement des civils.

D’après l’armée israélienne, 229 otages, israéliens, binationaux ou étrangers, ont également été emmenés à Gaza par le Hamas le 7 octobre. Quatre femmes ont été relâchées depuis. Le mouvement islamiste a estimé jeudi que « près de cinquante » otages avaient été tués dans les bombardements israéliens.

La tension est très vive aussi en Cisjordanie, occupée par Israël depuis 1967, où plus de cent Palestiniens ont été tués dans des violences depuis le 7 octobre. Des manifestations se sont déroulées vendredi jusque dans la soirée dans les rues de Jénine, Ramallah et Naplouse, suscitant des heurts avec les soldats israéliens.

Le Monde avec AFP

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