En Syrie, le front dormant de l’Iran contre Israël

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Le ministre des affaires étrangères iranien, Hossein Amir Abdollahian (à gauche), et son homologue syrien, Fayçal Al-Meqdad, lors d’une conférence de presse, à Damas, le 13 octobre 2023.

Les combats entre le Hezbollah libanais et l’armée israélienne, à la frontière, masquent un autre front que l’Iran pourrait être tenté d’allumer en cas d’offensive terrestre d’Israël dans la bande de Gaza. Un front dormant, qui représente une menace stratégique pour l’Etat hébreu et son allié américain.

La Syrie, maillon-clé du croissant chiite façonné par la République islamique jusqu’au Liban, est devenue, à la faveur de la guerre civile de 2011, un pays de transit pour les armes iraniennes et un refuge pour les milices loyales à Téhéran. Ces dernières harcèlent les neuf cents soldats américains présents dans l’est de la Syrie. Depuis le Sud-Ouest syrien, elles menacent aussi le plateau du Golan, occupé par Israël, de leurs tirs de roquettes et de missiles.

Jeudi 26 octobre, les Etats-Unis ont mené des frappes contre des installations du corps des gardiens de la révolution iraniens et ses groupes affiliés près d’Abou Kamal, dans l’est de la Syrie, a annoncé le secrétaire à la défense américain, Lloyd Austin. C’est une mise en garde adressée au Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a précisé la Maison Blanche, après une série d’attaques contre les bases américaines en Syrie et en Irak, qui ont fait vingt et un blessés légers et un mort, emporté par une crise cardiaque.

Plus tôt, jeudi, le régime syrien avait annoncé mettre à l’arrêt les aéroports de Damas et d’Alep jusqu’à nouvel ordre. La veille, une frappe israélienne avait mis hors d’utilisation, pour la quatrième fois depuis le début de la guerre à Gaza, le 7 octobre, l’aéroport d’Alep. Celui de Damas a été endommagé à deux reprises par l’aviation israélienne.

Israël veut empêcher des transferts d’armes de Téhéran vers la Syrie et le Liban, notamment des missiles à guidage de précision, au moment où le Hezbollah menace d’ouvrir un nouveau front à la frontière nord de l’Etat hébreu. Il envoie aussi un message au président syrien, Bachar Al-Assad : il serait bien avisé de ne pas se laisser entraîner dans une guerre par l’Iran, au risque de voir les installations du régime ciblées. Les Emirats arabes unis, proches de Damas depuis la normalisation de leurs relations en 2018, et d’Israël, depuis la signature des accords d’Abraham en 2020, ont fait passer ces messages de mise en garde à M. Assad dès le 7 octobre, selon le site Axios.

Exercice d’équilibre pour Assad

Le président syrien n’en a pas moins affiché sa proximité avec le ministre des affaires étrangères iranien, Hossein Amir Abdollahian, à Damas, le 13 octobre. « Ce n’est pas un exercice d’équilibre facile pour Bachar Al-Assad. Il ne peut assurer sa propre survie sans l’aide militaire et financière de son bienfaiteur et gardien, l’Iran. Mais il n’a aucun intérêt à provoquer une guerre avec Israël », analyse Ali Alfoneh, expert à l’Arab Gulf States Institute à Washington.

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