Au G7 des ministres du commerce, les tendances protectionnistes au cœur des échanges

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Le premier ministre australien, Anthony Albanese, et le président américain, Joe Biden, lors du Sommet du G7 à Hiroshima, au Japon, le 20 mai 2023.

Stabilité des voies d’approvisionnement, renforcement du contrôle des exportations de matériaux et technologies sensibles, mais aussi lutte contre la coercition économique. La réunion des ministres du commerce du G7 (Japon, Etats-Unis, Canada, Allemagne, Italie, Royaume-Uni et France), samedi 28 et dimanche 29 octobre, à Osaka (ouest du Japon), devrait se pencher sur la tendance croissante au protectionnisme au nom d’une sécurité économique chère au gouvernement nippon, qui a créé un ministère spécifique.

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Les débats devraient porter, entre autres, sur ce que les experts appellent « la militarisation des ressources », qui passe par un contrôle strict de la production et des exportations. La Chine semble particulièrement visée avec sa décision, entrée en vigueur le 1er août, de renforcer le contrôle des exportations de certains matériaux sensibles, le gallium et le germanium, mais aussi le graphite. La Chine produit plus de 80 % du graphite mondial. Or le Japon, comme la Corée du Sud, en est très dépendant. Plus de 90 % de leur graphite viennent de Chine.

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Même si le gouvernement nippon affirme « ne pas avoir d’inquiétude particulière sur ce sujet », les législations américaines adoptées en 2022 – Chips sur les microprocesseurs et Inflation Reduction Act (IRA) sur la lutte contre la hausse des prix, qui tendent à privilégier les produits fabriqués aux Etats-Unis – pourraient aussi être évoquées par les membres du G7 et leurs invités, l’Inde, l’Indonésie et l’Australie.

Défiance

Les mesures adoptées par Washington ont déjà un impact significatif sur les échanges, obligeant nombre d’entreprises à redéfinir leurs stratégies ou certains pays à adopter leurs propres législations. La loi adoptée en mai au Japon pour la promotion de la « transformation verte », dotée 20 000 milliards de yens (126 milliards d’euros) de bons du Trésor sur dix ans, en est un exemple. Le Canada a voté un cadre similaire, de même que la France, avec un nouveau crédit d’impôt pour les entreprises françaises qui développent des panneaux solaires, des batteries et des parcs éoliens.

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Le Japon et les Etats-Unis ont aussi signé un accord en mars, qui répondait essentiellement aux préoccupations de Tokyo concernant les exigences de l’IRA en matière de métaux rares.

La Corée du Sud – non invitée à Osaka, mais qui l’était au sommet du G7 de mai, à Hiroshima – reste très défiante envers les lois américaines, mais aussi la législation votée par Paris, qualifiée par le quotidien économique sud-coréen Pulse d’« IRA à la française ». « L’IRA est évoquée à chaque rencontre avec les Américains. L’administration du président Yoon Suk-yeol a insisté pour l’instauration d’une période de transition et s’est donnée pour priorité d’attirer l’attention des Américains sur les violations potentielles des règles l’Organisation mondiale du commerce et de l’accord de libre-échange avec la Corée du Sud », observe Kim Min-seong, de la faculté de droit de l’université de New York.

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