Guerre Israël-Hamas: « Nous avons constaté le niveau très élevé de destructions à Gaza, le nombre très important de déplacés et beaucoup de morts »

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Des flammes et de la fumée s’échappent de bâtiments détruits à Gaza après des frappes israéliennes, le 26 octobre 2023.

Le premier convoi humanitaire du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) devait arriver à Gaza vendredi 27 octobre. L’organisation, qui a, en parallèle, participé à la libération de quatre otages israéliens, espère faire entrer du personnel dans l’enclave palestinienne sous blocus total d’Israël depuis dix-neuf jours. William Schomburg est à la tête de la sous-délégation du CICR, sur place, dans la bande de Gaza depuis sept mois. Joint par téléphone, vendredi au matin, il raconte les difficultés de son organisation dans l’enclave palestinienne après l’attaque du Hamas, le 7 octobre, en Israël qui a fait 1 400 morts et les bombardements israéliens incessants au cours desquels plus de 7 000 Gazaouis ont péri, selon les chiffres du ministère de la santé du territoire dirigé par le Hamas.

Vous avez visité l’hôpital Al-Qods, dans la ville de Gaza, géré par le Croissant-Rouge palestinien, l’un de vos partenaires. On sait que les hôpitaux, déjà largement affaiblis par le blocus israélien depuis 2007, sont submergés. Quels sont les principaux besoins ?

Il est même difficile de définir des priorités. Les médecins et le personnel infirmier travaillent en continu, depuis des jours et des jours, ils n’ont pas vu leurs familles, et leurs proches ont été touchés par le conflit. C’est particulièrement dur pour eux, ce sont vraiment des héros. Il y a une pénurie de médicaments, de matériel nécessaire au fonctionnement de l’hôpital. A cela s’ajoute le manque de carburant. La situation est grave. On attend une trêve, une pause humanitaire, mais, sans carburant, il sera quasiment impossible pour les hôpitaux de continuer à fonctionner. Il n’y a pas que les hôpitaux d’ailleurs, la désalinisation de l’eau aussi se fait grâce au carburant, ce qui aura plusieurs impacts sur la vie quotidienne des habitants et la santé publique.

Quel rôle le CICR doit-il jouer dans ce volet humanitaire ? Pouvez-vous apporter un appui pour faire entrer du carburant ?

Le CICR offre ses services… Notre objectif est de répondre aux besoins humanitaires là où ils sont les plus aigus à travers la bande de Gaza, peu importe où. Mais nous avons besoin que certaines conditions de travail soient réunies, or, elles ne le sont pas, pour le moment, et cela rend notre tâche très compliquée. Nous avons besoin d’un minimum de sécurité pour que notre personnel puisse se déplacer et fournir l’assistance nécessaire.

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Nous avons été obligés de quitter la ville de Gaza [après que les autorités israéliennes ont ordonné aux habitants du nord de l’enclave de fuir vers le sud, le 13 octobre]. On est actuellement à Rafah, dans le Sud, dans un bureau provisoire avec une partie de notre équipe, dont les membres ont tous dû quitter leur foyer. La nuit dernière, les bombardements étaient très forts à Rafah, et semblaient aussi venir de la mer. Ces derniers jours, on a quand même effectué quelques visites sur le terrain lors desquelles nous avons constaté le niveau très élevé de destructions, le nombre très important de déplacés et beaucoup de morts.

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