En Allemagne, les plus fortunés redoutent de perdre l’allocation de congé parental

0 Shares
0
0
0

Au départ, on s’est dit que c’était une drôle de manifestation. Le 9 septembre, dans le quartier cossu et central de Jungfernstieg, à Hambourg, des parents se sont rassemblés contre un projet de loi qui vise à limiter l’allocation parentale aux familles dont les revenus imposables se situent au-dessous de 150 000 euros annuels. « Non à la suppression de l’allocation parentale ! Oui à l’égalité des droits », brandissaient-ils, pancartes en main, face au lac Alster et aux devantures d’enseignes de luxe.

De quoi parle-t-on ? L’Elterngeld est une allocation parentale, mise en place en 2007 pour relancer la natalité en Allemagne. Elle peut être versée jusqu’aux douze premiers mois de l’enfant, ou jusqu’aux quatorze mois si les deux parents la partagent. Elle permet à celui qui s’arrête de travailler de toucher 65 % de son revenu net, sachant que la prestation est au minimum de 300 euros par mois et plafonnée à 1 800 euros. Selon les derniers chiffres de l’Office fédéral de la statistique, près de 1,4 million de femmes et 482 000 hommes l’ont perçue en 2022. En moyenne, 42 % des parents bénéficient de l’Elterngeld en Allemagne. Les femmes prennent douze mois, quand les hommes (26 % des bénéficiaires en 2022, contre 20,9 % en 2015) en prennent deux ou trois. Si la loi passe, les parents qui gagnent plus de 150 000 euros de revenus imposables par an n’auront droit à rien.

Annoncée en juillet par la ministre fédérale de la famille, l’écologiste Lisa Paus, la mesure pourrait être appliquée dès le 1er janvier 2024, si elle est votée en décembre au Parlement. Alors que le plan d’austérité décidé par le ministère des finances lui impose des coupes massives, le ministère de la famille défend, sur son site Internet, le fait que les foyers les plus fortunés pourraient faire un geste. Sur les 13 milliards d’euros dont il est doté, 8 milliards servent en effet à régler l’Elterngeld, le reste finançant, entre autres, la protection de l’enfance et la lutte contre les violences faites aux femmes. La mesure permettrait, selon Lisa Paus, de mieux soutenir les familles en difficulté.

Sur les réseaux sociaux, les femmes s’alarment

Mais voilà, ça ne passe pas. D’abord, tout est allé trop vite. L’échéance du 1er janvier 2024 implique que des femmes déjà enceintes verraient toutes leurs projections budgétaires fondre comme neige au soleil. Sur les réseaux sociaux, elles fustigent ce projet de loi qui semble, selon elles, vouloir les punir d’avoir réussi professionnellement et de bien gagner leur vie.

Il vous reste 60% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

source

0 Shares
Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You May Also Like