Depuis la Russie, le Hamas exclut toute libération des otages sans cessez-le-feu

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Les dirigeants du Hamas Bassem Naïm et Moussa Abou Marzouk avec le vice-ministre russe des affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov (au centre), à Moscou le 26 octobre 2023 (photo transmise par le Hamas).

Il s’agit d’un déplacement rarissime à l’heure où les contacts des responsables du Hamas avec le monde extérieur se limitent, pour l’essentiel, à de discrètes consultations dans les pays arabes qui les accueillent. Jeudi 26 octobre, la Russie a officiellement accueilli une délégation du mouvement islamiste palestinien emmenée par l’un des membres de son bureau politique, Moussa Abou Marzouk.

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D’abord annoncée par l’agence officielle RIA Novosti, cette visite a été confirmée par la porte-parole du ministère des affaires étrangères, Maria Zakharova. Il s’est ensuite avéré que cette délégation avait été reçue par Mikhaïl Bogdanov, qui est à la fois vice-ministre des affaires étrangères et représentant de Vladimir Poutine pour le Moyen-Orient. Le même jour, M. Bogdanov a également reçu le vice-ministre des affaires étrangères iranien, Ali Bagheri Kani, a fait savoir la diplomatie russe.

Après la rencontre avec le Hamas, des sources diplomatiques russes ont assuré aux agences, de manière anonyme, que celle-ci s’était concentrée sur la question des otages détenus à Gaza depuis l’attaque terroriste du 7 octobre en Israël. Moscou aurait insisté sur « la libération immédiate des otages étrangers », selon ces sources, et a abordé « les questions liées à l’évacuation des citoyens russes et d’autres citoyens étrangers du territoire de l’enclave palestinienne ».

Positionnement nouveau

Selon les derniers bilans fournis par les autorités, la Russie compte vingt ressortissants parmi les victimes de l’attaque du 7 octobre, et trois autres seraient retenus en otage à Gaza. M. Abou Marzouk n’a pas répondu aux questions du Monde, mais un autre membre de la délégation, présenté comme « Abou Hamid », a assuré au quotidien russe Kommersant que la libération des « prisonniers civils » était impossible sans cessez-le-feu, indispensable pour « trouver » les personnes qui ont été capturées par « différents groupes palestiniens » dans la bande de Gaza. Selon ce représentant, cinquante otages auraient pour l’heure été tués « du fait des bombardements israéliens ».

Outre la préoccupation – inhabituelle – de Moscou pour ses ressortissants tenus en otage, la venue d’une telle délégation, qui n’est pas une première s’agissant d’un groupe que la Russie ne désigne pas comme terroriste, correspond aussi au positionnement nouveau pris par Moscou dans ce dossier, à des fins très politiques.

La Russie conserve des leviers importants dans la région, en entretenant des contacts avec à peu près tous les acteurs, du Proche-Orient jusqu’au golfe Arabo-Persique. Jouer un rôle dans une négociation, quelle qu’elle soit, serait un moyen pour le Kremlin de démentir l’isolement international et le rôle de paria dans lequel l’Occident voudrait le voir cantonné.

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