Dans le Pendjab indien, le séparatisme sikh ne fait plus recette

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Une photo d’Hardeep Singh Nijjar, assassiné en juin au Canada, dans sa maison du village de Bhar Singh Pura, dans l’Etat du Pendjab (Inde), le 21 septembre 2023.

Des dizaines d’avions miniatures en plastique, estampillés « Airbus A380 », ont été déposés dans le hall du temple sikh Talhan Sahib de Jalandhar, la troisième ville la plus peuplée du Pendjab. Ici, avant de procéder à une demande de visa pour partir s’installer à l’étranger, les aspirants à l’expatriation viennent prier. Beaucoup laissent en guise d’offrande une réplique d’avion de ligne, achetée devant ce gurdwara, nom donné aux lieux de culte sikhs.

Dans cet Etat du nord de l’Inde, le Canada fait figure de « Terre promise ». Les rêves d’ailleurs semblent habiter tout un chacun dès le plus jeune âge : même les bicyclettes des écoliers sont pavoisées de petits drapeaux canadiens. Mais, depuis septembre, les candidats à l’immigration sont plus inquiets que d’ordinaire. « J’ai peur que tous mes efforts pour partir soient réduits à néant en raison de la crise diplomatique que traversent l’Inde et le Canada, nous prions le Tout-Puissant tous les jours pour continuer à obtenir des visas », confie Sunaina, 21 ans, qui suit un cours de préparation à l’International English Language Testing System, un test international de langue anglaise, dans l’espoir de partir étudier à Vancouver.

Les relations entre New Delhi et Ottawa se sont considérablement dégradées au cours des dernières semaines. Le 18 septembre, le premier ministre canadien, Justin Trudeau, a affirmé que le gouvernement indien pourrait être impliqué dans le meurtre, le 18 juin, d’Hardeep Singh Nijjar, un Canadien qui militait pour la création d’un Etat sikh indépendant, le Khalistan, sur le territoire actuel du Pendjab. Les deux pays se sont livrés depuis à une surenchère de représailles diplomatiques. New Delhi a qualifié les accusations d’Ottawa d’« absurdes ». Après avoir « temporairement » cessé de traiter les demandes de visa pour les ressortissants canadiens, New Delhi a néanmoins annoncé mercredi 25 octobre qu’elle allait reprendre le traitement de certaines catégories d’entre eux. Quelques jours auparavant, le Canada avait été contraint de rapatrier 41 diplomates jusque-là postés en Inde, alors que New Delhi menaçait de leur retirer leur immunité diplomatique.

Economie essentiellement agraire

« Mon but dans la vie, c’est de vivre au Canada, d’y trouver un emploi et d’y rester », précise Sunaina, qui n’a pas souhaité donner son nom de famille. Avec 770 000 sikhs, soit 2 % de la population, le Canada est le pays qui compte le plus de sikhs en dehors de l’Inde, où ils représentent une minorité de 1,7 % de la population, soit environ 21 millions de personnes. L’absence de perspectives économiques figure parmi les principales raisons à l’émigration. Si le Pendjab connaît l’un des taux de pauvreté les plus bas du pays, son économie est essentiellement agraire et présente peu d’autres opportunités pour les jeunes générations.

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