La Chine multiplie les tentatives de blocus d’un atoll occupé par les Philippines

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Un bateau au pavillon philippin bloqué par un navire des garde-côtes chinois, lors d’un incident qui a entraîné une collision entre les deux navires, dans la mer de Chine méridionale. Capture d’écran d’une vidéo publiée le 22 octobre 2023 par les garde-côtes chinois.

L’agressivité croissante de la Chine contre les Philippines, au lendemain d’une double collision entre des navires chinois et philippins à proximité d’un atoll occupé par Manille, interroge sur les intentions de Pékin, alors que les Etats-Unis sont accaparés par les crises en Ukraine et en Israël.

L’incident a eu lieu, dimanche 22 octobre, à proximité du banc Second Thomas, un atoll de 20 kilomètres de long intégré à l’archipel des Spratleys, qui sont une myriade de récifs au large de la grande île philippine de Palawan. C’est là qu’a été volontairement échoué sur des hauts-fonds, en 1999, par Manille, un vieux rafiot américain de la guerre du Vietnam récupéré par les Philippines et appelé le Sierra Madre : une dizaine de marines philippins y séjournent depuis pour empêcher que la Chine ne s’en saisisse, comme elle a fait en 1995 d’un atoll voisin, Mischief Reef, situé à 21 milles nautiques au nord-est.

Ce dernier a été transformé ces dix dernières années par Pékin en île artificielle comme six autres récifs des Spratleys, pourtant tous situés dans la zone économique exclusive (ZEE) des Philippines – c’est-à-dire à moins de 200 milles marins de Palawan. Tous abritent désormais des garnisons chinoises fortes de centaines d’hommes et sont dotés d’équipements sophistiqués d’écoute et de défense antiaérienne. Trois d’entre eux, dont Mischief Reef, ont une piste d’atterrissage.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés En mer de Chine méridionale, Pékin mène la politique du polder

Or, le Sierra Madre est en fin de vie – il pourrait, selon les experts, s’effondrer d’ici la fin de l’année. La marine philippine tente tant bien que mal de le rafistoler en y acheminant du matériel. Dimanche à l’aube, quatre navires philippins – les deux petits bateaux privés affrétés par la marine pour transporter du matériel jusqu’au Sierra Madre et les deux navires de garde-côtes qui les accompagnent – ont dû braver le blocus de sept navires chinois – des garde-côtes mais aussi des bateaux paramilitaires.

« Agression chinoise »

Ce jeu du chat et de la souris a entraîné deux collisions : l’un des deux petits bateaux philippins a été percuté à la poupe par un navire des garde-côtes chinois à 6 heures du matin. Deux heures plus tard, un navire des garde-côtes philippins a été touché par un navire des milices maritimes chinoises. Aucun membre des équipages concernés n’a été blessé, mais un seul des bateaux philippins a pu mener à bien sa mission auprès du Sierra Madre.

Cette double collision fait suite à trois autres incidents cette année – dont l’utilisation d’un laser pour aveugler l’équipage philippin en février, puis, en août, d’un canon à eau sur l’un des bateaux philippins. Elle a amené Manille à réagir au plus haut niveau : le ministre de la défense des Philippines, Gilberto Teodoro, a dénoncé lundi dans la dernière « agression chinoise » une « violation flagrante des lois internationales » : « La Chine n’a ni le droit ni l’autorité de mener des opérations de maintien de l’ordre dans nos eaux territoriales et dans notre zone économique exclusive », a-t-il précisé.

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