Hongkong annonce sa propre loi sur la sécurité nationale en 2024, quatre ans après celle imposée par la Chine

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John Lee Ka-chiu, le 25 octobre 2023.

John Lee Ka-chiu, le dirigeant de Hongkong, a annoncé, mercredi 25 octobre, que le territoire, situé dans le sud de la Chine, élaborera sa propre loi sur la sécurité nationale en 2024, quatre ans après que Pékin y a imposé un texte de grande envergure pour réprimer la dissidence.

« Certains pays portent atteinte à la Chine et à la mise en œuvre du “un pays, deux systèmes” [principe qui octroie à Hongkong une autonomie partielle] », a accusé le chef de l’exécutif hongkongais lors de son discours annuel de politique générale.

« Des forces extérieures continuent de s’immiscer dans les affaires de Hongkong », a déclaré le dirigeant approuvé par Pékin, en ajoutant que la ville « continuera de préserver la sécurité nationale et d’améliorer son système juridique et ses mécanismes » de contrôle. « Le gouvernement continue d’élaborer des options législatives efficaces et achèvera le chantier législatif en 2024 afin de remplir notre devoir constitutionnel. »

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Pékin impose sa loi sur la sécurité nationale à Hongkong

Manifestations prodémocratie en 2019

D’importantes manifestations prodémocratie ont éclaté en 2019 à Hongkong, lors desquelles des centaines de milliers de personnes ont réclamé davantage de libertés et d’autonomie vis-à-vis de la Chine continentale.

En réponse, Pékin a imposé une loi sur la sécurité nationale réprimant la sécession, la subversion, le terrorisme ainsi que la collusion avec des forces étrangères par des condamnations pouvant atteindre la prison à vie.

Selon la Loi fondamentale, qui fait office de Constitution dans la région administrative spéciale chinoise, Hongkong a l’obligation d’élaborer sa propre législation concernant sept infractions en matière de sécurité, dont la trahison et l’espionnage.

Cette tâche, aussi appelée « responsabilité constitutionnelle » par le gouvernement du territoire, n’a pas encore été accomplie, plus de vingt-cinq ans après la rétrocession à la Chine de l’ancienne colonie britannique. En 2003, la dernière initiative a été abandonnée après qu’un demi-million de Hongkongais sont descendus dans la rue pour protester.

280 personnes arrêtées

Selon le bureau de la sécurité de Hongkong, 280 personnes au total ont été arrêtées jusqu’à la fin de septembre et 30 ont été condamnées au titre de la loi sur la sécurité nationale en vigueur depuis sa promulgation par Pékin, en 2020.

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Le texte aux répercussions importantes a fait taire la dissidence. Des militants ont été arrêtés, d’autres ont fui à l’étranger. La loi a aussi eu un impact dans les domaines artistique, littéraire et scolaire.

La ville va « développer l’éducation patriotique pour [renforcer] l’identité nationale (…) en jetant de bonnes bases pour notre unité et notre solidarité nationales », a déclaré également John Lee Ka-chiu mercredi.

Un groupe de travail sera créé pour « faire progresser l’éducation nationale et s’aligner sur la loi sur l’éducation patriotique de la République populaire de Chine », a-t-il ajouté. Cette annonce survient au lendemain de la promulgation par Pékin d’une loi visant à renforcer l’éducation patriotique des enfants et des familles, selon les médias d’Etat chinois.

Le Monde avec AFP

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