Emmanuel Macron propose à Benyamin Nétanyahou que la coalition contre l’EI « puisse lutter aussi contre le Hamas »

0 Shares
0
0
0
Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, et le président français, Emmanuel Macron, lors d’une conférence de presse conjointe à Jérusalem, le 24 octobre 2023.

« C’est une page noire de notre propre histoire. » Emmanuel Macron, en visite en Israël mardi 24 octobre, a exprimé sa solidarité après l’attaque du Hamas, et proposé une « coalition » internationale pour « lutter » contre le mouvement islamiste palestinien, qui contrôle la bande de Gaza.

Après un entretien avec le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, à Jérusalem, le président français a présenté les « condoléances » d’un « pays ami, éploré devant l’acte terroriste le plus terrible de [l’]histoire [d’Israël] et saisi par [le] chagrin et [la] douleur ». « Je vous apporte aujourd’hui l’émotion et la solidarité des Français, a-t-il poursuivi. Nos deux pays sont liés par le même deuil. »

Cette visite intervient au 18e jour de la guerre entre Israël et le Hamas, déclenchée par l’attaque du mouvement palestinien sur le sol israélien le 7 octobre. Cette attaque sans précédent a fait plus de 1 400 morts, en très grande majorité des civils, parmi lesquels trente Français ou Franco-Israéliens. Les représailles israéliennes à Gaza ont fait plus de 5 000 morts, également civils pour la plupart, selon le ministère de la santé de l’enclave administrée par le Hamas.

« Conflagration régionale »

Dès son arrivée à l’aéroport de Tel-Aviv, mardi matin, le chef de l’Etat avait rencontré des familles de Français ou Franco-Israéliens tués, disparus ou retenus otages dans la bande de Gaza. Il a d’ailleurs revu à la hausse le bilan en affirmant que neuf Français ou Franco-Israéliens étaient « retenus » – l’Elysée a précisé qu’ils étaient otages ou portés disparus. Le chef de l’Etat a fait de leur libération son « premier objectif ». Parmi les familles, celle de Mia Shem, une otage franco-israélienne dont une vidéo a été diffusée la semaine dernière par le Hamas.

Alors que la France affirme le droit d’Israël à se défendre dans le respect du droit international, Emmanuel Macron a proposé que la coalition internationale créée en 2014 sous la houlette des Etats-Unis pour combattre l’organisation Etat islamique en Syrie et en Irak, à laquelle participe Paris, « puisse lutter aussi contre le Hamas ». « La lutte doit être sans merci, mais pas sans règles, car nous sommes des démocraties qui luttons contre des terroristes, des démocraties donc qui respectent le droit de la guerre et assurent l’accès humanitaire » aux populations de Gaza, a-t-il ajouté.

Le président français a également affirmé qu’il fallait « combattre ces groupes terroristes, sans confusion et, je dirais, sans élargir le conflit ». Mettant en garde contre « une conflagration régionale dont chacun sortirait perdant », il a appelé solennellement et nommément « le régime iranien » et ses alliés régionaux, « le Hezbollah » libanais et « les houtistes au Yémen », à « ne pas prendre le risque inconsidéré d’ouvrir de nouveaux fronts », alors que la situation est très tendue à la frontière avec le Liban.

« Processus politique »

« La cause palestinienne doit être entendue avec raison. La stabilité de la région » ne sera garantie que si la riposte israélienne « est évidemment sécuritaire et implacable face aux groupes terroristes mais aussi politique », a plaidé le président français, estimant qu’il fallait « accepter le droit légitime des Palestiniens à disposer d’un territoire et d’un Etat en paix et en sécurité au côté d’Israël ».

Emmanuel Macron a, par ailleurs, insisté sur la nécessité d’une « relance décisive du processus politique avec les Palestiniens », qu’il a aussi évoqué plus tard, dans l’après-midi, avec Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, à Ramallah, en Cisjordanie. « Nous vous exhortons, président Macron, à faire cesser cette agression », lui a lancé le dirigeant palestinien, faisant porter à Israël « et les pays qui le soutiennent la responsabilité du conflit ». Sans citer le Hamas, il a condamné les bombardements israéliens « qui tuent des civils innocents d’une manière barbare ».

« Je vois, j’entends les souffrances des populations civiles à Gaza », « rien ne saurait les justifier », a répondu le président français. Mais, s’il a appelé à une « protection humanitaire », il n’est pas allé jusqu’à évoquer publiquement la « trêve humanitaire » pouvant ouvrir la voie à un futur « cessez-le-feu », comme l’avait fait son gouvernement.

M. Macron a, en revanche, insisté sur le fait que le président palestinien avait eu à huis clos « des propos très clairs pour condamner cette attaque terroriste et pour condamner le Hamas ». « L’avenir [des Palestiniens] passe par une lutte sans merci et sans ambiguïté contre le terrorisme », a-t-il prévenu. Le chef de l’Etat s’est ensuite envolé pour Amman où, selon l’Elysée, il rencontrera « probablement » le roi Abdallah II et « peut-être d’autres dirigeants de la région ».

La visite d’Emmanuel Macron a eu lieu après celles du président des Etats-Unis, Joe Biden, et du premier ministre du Royaume-Uni, Rishi Sunak. Le président français avait dit ces derniers jours vouloir se rendre en Israël lorsque sa venue serait « utile ».

Le Monde Application

La Matinale du Monde

Chaque matin, retrouvez notre sélection de 20 articles à ne pas manquer

Télécharger l’application

L’Autorité palestinienne n’exerce plus aucun pouvoir dans la bande de Gaza depuis que le Hamas l’en a chassée en 2007, après quelques jours d’affrontements armés. Mais le Hamas, a martelé le chef de l’Etat, « est un groupe terroriste », « c’est pourquoi il ne porte pas la cause palestinienne » et « doit être combattu avec force ».

Son entourage avait dit qu’il plaiderait en faveur d’« une trêve humanitaire » qui « pourra mener à un cessez-le-feu ». Mais ces mots n’ont pas été prononcés par Emmanuel Macron lors de la déclaration commune.

Le Monde avec AFP

source

0 Shares
Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You May Also Like