Place des femmes dans l’Eglise : que peut-on vraiment attendre du synode (et du pape) ?

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Le pape François lors du synode des évêques, dans la salle Paul-VI au Vatican, le 16 octobre 2023.

La première assemblée générale de l’actuel synode sur l’avenir de l’Eglise catholique entame sa dernière semaine. Les 365 participants et participantes avec droit de vote se redonneront ensuite rendez-vous dans un an pour poursuivre les discussions, avant un probable texte du pape dans la foulée. Avant même ses conclusions, ce processus synodal démarré en 2021 a déjà revêtu certains aspects historiques, à commencer par son ouverture aux femmes.

En effet, 54 femmes, religieuses ou laïques, participent, avec droit de vote, aux deux assemblées générales du synode : une première historique pour ce processus habituellement réservé aux évêques. Au-delà de cette ouverture, la question de la place des femmes dans l’Eglise s’est imposée comme l’un des principaux enjeux.

Comment la « question des femmes » s’est-elle imposée au synode ?

L’Instrumentum laboris, le document qui fixe l’ordre du jour des débats de l’assemblée générale, invite ainsi les participants et participantes à se prononcer sur cette question : « Comment l’Eglise de notre temps peut-elle mieux remplir sa mission à travers une plus grande reconnaissance et promotion de la dignité baptismale des femmes ? »

Le sujet s’est invité lors de toutes les étapes préparatoires de ce processus lancé en 2021, pendant lequel l’ensemble des fidèles du monde entier a été invité à donner leur avis, avant que les évêques en rédigent la synthèse au niveau national, puis continental. « La “question des femmes” est apparue comme un fil conducteur. Ces dernières l’ont fait ressortir partout dans les différentes étapes, où elles ont été très actives », résume Rita Pinci, rédactrice en chef de Donne, Chiesa, Mondo, le supplément féminin du journal du Vatican, qui consacre un dossier au synode.

« Les appels au leadership féminin sont souvent considérés, à tort, comme une préoccupation de l’Occident. Or presque tous les rapports issus de la consultation des fidèles soulèvent la question de la participation pleine et égale des femmes. Et absolument tous demandent le renouvellement de la manière dont nous vivons les relations entre hommes et femmes », renchérit la religieuse sénégalaise Anne-Béatrice Faye, qui participe au synode.

Pour être certain que les « mères » et « pères » synodaux (surnoms donnés aux participants et participantes) ne l’oublient pas, plusieurs réseaux d’associations, tels We Are Church, le Catholic Women’s Council (CWC) ou encore la Women’s Ordination Conference, ont organisé des événements (conférences, rencontres, démonstrations de liturgies alternatives, manifestations, etc.) durant le mois d’octobre, à Rome, en marge de l’assemblée générale.

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