Guerre Israël-Hamas : « En France, Juifs et Arabes sont-ils condamnés, par ce conflit, à se haïr ? »

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La tragédie israélo-palestinienne au Moyen-Orient pourrit depuis longtemps, bien trop longtemps, l’atmosphère politique française, comme dans le reste du monde. Les citoyens juifs et arabes, soit qu’ils se définissent en fonction de ces appartenances, soit – et ils sont les plus nombreux – qu’ils s’identifient d’abord comme citoyens de la République conscients des implications que de telles « origines » font peser sur eux, sont l’objet de toutes les manipulations identitaires possibles et imaginables. Et, ce, à seule fin de transposer le conflit de là-bas en conflit d’ici.

On sait également que certaines forces politiques, pour des raisons autant de convictions que de calculs électoraux, se sont montrées orfèvres dans l’art de cette transposition. Même l’extrême droite raciste et antisémite, qui en son temps définissait les chambres à gaz comme un « détail » de l’histoire de la seconde guerre mondiale, est désormais entrée dans le jeu en hiérarchisant ses haines, plaçant au premier plan de ses obsessions les Arabes et les musulmans.

En revanche, ceux qui déplorent d’abord un immense malheur dans cette guerre fratricide au Moyen-Orient, qui ragent de ne pouvoir faire entendre la voix de la fraternité entre Juifs et Arabes, sentent comme jamais leur impuissance au milieu des clameurs de douleurs, de haine, de vengeance. Et pourtant, la France n’a-t-elle pas aussi donné l’image d’un pays où cette fraternité entre les uns et les autres a été capable de soulever des montagnes ? Juifs et Arabes sont-ils condamnés, par ce conflit, à se haïr ici alors qu’ils ont donné l’exemple – surtout ces centaines, ces milliers de citoyens français juifs – d’une très puissante solidarité avec leurs concitoyens arabes face aussi bien au colonialisme dans les années 1950 qu’au racisme d’extrême droite qui a fait son lit depuis les années 1980 ?

Faut-il que cette solidarité disparaisse parce qu’aujourd’hui le ton n’est plus donné par la conscience laïque et citoyenne mais par des intégrismes assassins, qui obligent les uns et les autres à se définir par leur foi et dont le but n’est rien d’autre que de briser la cohésion collective en opposant musulmans, arabes, juifs, laïcs ? Faut-il, parce que vous êtes soupçonné d’emblée de partialité en fonction du nom que vous portez, ne rien dire devant les massacres d’innocents dans les champs de bataille du Moyen-Orient, devant les lâches assassinats de jeunes hommes et femmes fêtant dans l’allégresse d’une rave-party leurs rencontres, devant les victimes des bombardements indiscriminés (femmes, enfants, hommes) au cœur de cette prison à ciel ouvert qu’est Gaza ?

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