Après l’attentat à Bruxelles, le ministre de la justice belge démissionne

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Le ministre de la justice belge Vincent Van Quickenborne, le 5 juin à Anvers.

Le ministre belge de la justice, Vincent Van Quickenborne, a annoncé vendredi 20 octobre sa démission du gouvernement, quatre jours après l’attaque perpétrée à Bruxelles par un Tunisien radicalisé et en séjour irrégulier qui a tué deux Suédois.

Lors d’une conférence de presse, le ministre a expliqué avoir appris vendredi que la Tunisie avait réclamé en août 2022 l’extradition de l’auteur de l’attaque, Abdesalem Lassoued, une demande non traitée par le parquet de Bruxelles qui en a été destinataire.

« Le magistrat compétent n’a pas donné suite à cette demande d’extradition et le dossier n’a pas été traité », a-t-il développé. « C’est une faute individuelle, monumentale, une faute inacceptable, aux conséquences dramatiques », a ajouté M. Van Quickenborne, disant en assumer « la responsabilité en démissionnant ». « Je ne cherche aucune excuse. J’estime qu’il est de mon devoir de le faire. Cette nouvelle information, venant du parquet, me touche en plein cœur, car j’ai fait tout mon possible pour améliorer notre justice », a-t-il encore dit.

L’attaque de lundi soir, perpétrée près du centre-ville de Bruxelles peu avant un match de football opposant la Belgique à la Suède, a ciblé des supporteurs suédois. L’assaillant, un radicalisé débouté de sa demande d’asile et qui était visé par un ordre de quitter la Belgique jamais exécuté, a tué de sang-froid avec un fusil automatique de type AR-15 deux d’entre eux. Il en a blessé un troisième, avant de s’enfuir en scooter.

Demandes d’asile chaque fois rejetées

Ce Tunisien de 45 ans a été localisé mardi matin dans un café de la commune bruxelloise de Schaerbeek, où il a été mortellement blessé par des tirs policiers. Son arme a été retrouvée.

Abdesalem Lassoued était connu des autorités belges pour des délits, notamment des menaces de mort proférées à l’encontre d’un demandeur d’asile, selon la justice. Mais il n’était pas fiché dans la base de données de l’Organe de coordination pour l’analyse de la menace (OCAM), une agence fédérale.

Après l’attaque, Vincent Van Quickenborne avait simplement expliqué que la Belgique avait été informée en 2016 « par un service de police étranger » du profil radicalisé de Lassoued, sans qu’il soit question d’antécédents terroristes. Avant de demander l’asile en Belgique, où il disait être arrivé à la fin de 2015, le Tunisien avait déposé des requêtes similaires en Norvège, en Suède, puis en Italie – des demandes à chaque fois rejetées.

Le Monde avec AFP

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