L’armée française tente d’organiser sa bascule sur le flanc est de l’Europe

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Des soldats français déployés dans le cadre de la mission « Aigle » de la Force de réaction de l’OTAN, près de la ville de Constanta (Roumanie), le 15 juin 2022.

Alors que l’armée française a amorcé, mardi 10 octobre, son retrait du Niger, soit son troisième départ en moins de deux ans d’un pays d’Afrique, et que les foyers de tension se multiplient en Europe, des Balkans au flanc Est, dans le sillage de la guerre en Ukraine, l’état-major des armées a décidé de conjurer ce nouveau repli avec la création d’un nouvel état-major, ostensiblement fléché « Europe ».

Il s’agit d’un repositionnement inédit, après trente ans d’expéditions axées sur la lutte contre le terrorisme au Sahel et au Proche-Orient. Il est officiellement opérationnel depuis lundi 16 octobre et annoncé par le chef d’état-major de l’armée de terre, à l’école militaire, jeudi 19 octobre, au cours d’un discours sur la transformation de l’armée de terre.

C’est au sein de la caserne Kléber, à Lille, vaste ensemble de bâtiments en briques rouges où était déjà installé le commandement des forces terrestres françaises (CFT) − soit environ 400 personnes chargées de la coordination de l’entraînement de l’ensemble des régiments de l’armée de terre −, qu’a été installé ce nouvel état-major dévolu à l’entraînement des forces et au commandement de toutes les opérations en Europe. Depuis le printemps 2022, la caserne abritait aussi quelques dizaines d’effectifs voués au soutien logistique des missions françaises en Estonie ou en Roumanie. La fusion d’aujourd’hui se veut une nouvelle étape.

Baptisé « commandement terre pour les opérations aéroterrestres en Europe (CTE) », cette nouvelle structure intégrée au CFT a été confiée au général de corps d’armée Bertrand Toujouse, commandant des opérations spéciales (COS) jusqu’en septembre 2021. Le général a aujourd’hui trois opérations principales sous ses ordres : « Lynx » en Estonie (avec environ 300 militaires français déployés), « Aigle » en Roumanie (entre 800 et 1 000 soldats) et la formation de soldats ukrainiens en Pologne, sous l’égide de l’Union européenne, en partie dispensée par des forces spéciales.

« Répondre à tous les types de scénarios »

Avec cette décision, l’armée de terre s’engage dans un modèle d’organisation moins centralisé, plus régional, comme cela fonctionne aujourd’hui au sein de la marine, avec des commandements attitrés pour toute la zone Méditerranée (baptisé « Cecmed ») ou la façade Atlantique (« Ceclant »), de la mer Baltique jusqu’au golfe de Guinée. En plus de la gestion des trois missions en Estonie, en Roumanie et en Pologne, le CTE devra ainsi, comme la marine avec ses ports d’attache, gérer la montée en puissance de « plots logistiques » dans différents pays d’Europe, afin d’assurer un éventuel déploiement de troupes.

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