« Le traité sur la haute mer est un exemple de l’importance du multilatéralisme »

0 Shares
0
0
0

Il y a quelques semaines, un être mystérieux ressemblant à un œuf doré a été découvert au fond de l’océan, au large des côtes de l’Alaska. Cette créature suscite la perplexité des scientifiques. S’agit-il d’une éponge ? D’un œuf ? Si oui, quelle créature marine a pu le pondre, et que contient-il ? Les grands fonds marins, plus mystérieux que la surface de la Lune, n’en finissent pas de nous émerveiller. Et si la haute mer offrait bien plus que des œufs d’or : des solutions pour notre avenir commun ?

Le nouvel accord sur la biodiversité au-delà des limites de la juridiction nationale, aussi appelé « traité sur la haute mer », a été signé il y a quelques jours au siège des Nations unies, à New York. L’accord prévoit une gouvernance commune de la moitié de la surface de la Terre, en promouvant la paix, l’équité, la science et la lutte contre le changement climatique, la pollution et la perte de biodiversité.

Seul 1 % est actuellement protégé

Pour la première fois, le traité permettra la création de zones marines protégées au niveau mondial, en préservant de vastes pans de l’océan de l’activité humaine, contribuant ainsi à la réalisation de notre objectif commun : protéger au moins 30 % de la planète d’ici à 2030. Le traité remédie à une lacune flagrante en matière de protection des océans : la haute mer représente 64 % de la surface des océans et 95 % de leur volume. Mais seul 1 % est actuellement protégé.

Le traité améliore aussi la manière dont les océans seront gouvernés. Dans le cadre de l’accord, tous les Etats et toutes les organisations internationales jouant un rôle dans la protection des océans s’engagent à prendre des mesures concrètes afin de protéger efficacement les milieux marins.

Les organisations de gestion de la pêche du monde entier pourront être amenées à prendre des mesures pour réduire l’impact de la pêche, voire d’interdire la pêche dans certaines zones. L’Organisation maritime internationale (OMI) pourrait limiter l’impact écologique du trafic maritime. L’Autorité internationale des fonds marins (AIFM) [en anglais International Seabed Authority (ISA)] pourrait empêcher de futures exploitations minières dans les grands fonds, là où elles pourraient avoir une incidence sur les écosystèmes marins.

Lire aussi la tribune : Article réservé à nos abonnés « Pour protéger la haute mer, l’heure n’est plus aux demi-mesures »

Le traité sur la haute mer est un exemple de l’importance du multilatéralisme. Il constitue un nouveau chapitre de la convention des Nations unies sur le droit de la mer, la « Constitution pour les océans », qui régit toutes les activités humaines en mer. Ce cadre juridique – tout comme le traité sur la haute mer – a été élaboré conjointement par plus de 150 pays. Les négociateurs ont veillé à ce que cet accord mondial soit équitable et juste grâce à des règles sur le partage des avantages des ressources génétiques marines.

Il vous reste 56.05% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

source

0 Shares
Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You May Also Like