En visite-éclair à Tel-Aviv, Joe Biden affiche son soutien aux Israéliens mais demande de la « clarté sur les objectifs » de la guerre

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Une visite tronquée, sans rencontre avec les dirigeants arabes. Des gestes empathiques pour les victimes israéliennes de l’attaque commise par le Hamas, mais un contexte régional explosif. Le passage à haut risque de Joe Biden à Tel-Aviv, mercredi 18 octobre, le premier d’un président américain en Israël en temps de guerre ouverte, ne se mesure pas en gains, même si le démocrate a obtenu un feu vert de l’Egypte pour l’entrée – symbolique – de vingt camions d’aide humanitaire par le sud de la bande de Gaza.

Ce passage est surtout la mesure du retour contraint des Etats-Unis au Proche-Orient, dont ils croyaient, à tort, pouvoir se détourner, au nom d’autres priorités. Il est la marque d’une fidélité, personnelle et étatique, à la sécurité d’un allié. Mais cela au prix d’un isolement diplomatique américain, alors que des manifestants dénonçaient mercredi, à Beyrouth comme à Amman et à Istanbul, l’explosion meurtrière qui avait eu lieu la veille à l’hôpital Al-Ahli de Gaza.

Dès son arrivée, M. Biden a repris à son compte l’explication israélienne, qui nie avoir frappé l’hôpital et incrimine un tir de roquette défectueux du Jihad islamique. Conscient que les dénégations systématiques de l’armée israélienne dans ce genre de situation, parfois contredites par des enquêtes menées ultérieurement, ont entamé la crédibilité de l’Etat hébreu, le locataire de la Maison Blanche a précisé, plus tard, tirer ces informations du département de la défense américain.

Suivant une tactique classique chez lui, Joe Biden a fait montre de son affection en public avant de parler plus brutalement, une fois les portes closes. Il a écouté des familles de victimes et d’otages, comme des survivants de l’attaque, qui tiennent leur propre gouvernement pour responsable de ce cataclysme, et qui savent gré au président américain de sa sollicitude. Dans l’après-midi, M. Biden a évoqué avec empathie et délicatesse le deuil ressenti par les Israéliens, « le parfum quand on ouvre la porte de l’armoire, le café du matin que vous partagiez ». Mais Joe Biden a aussi cherché à poser des limites implicites au soutien américain. Sans appeler à un cessez-le-feu, il a fait de l’urgence humanitaire à Gaza la priorité de son déplacement. D’où sa satisfaction d’être parvenu à un compromis, par téléphone, avec le président égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi.

« Clarté sur les objectifs »

Les vingt camions d’aide, autorisés par Israël à transporter de l’eau, de la nourriture et des médicaments, doivent passer de l’Egypte à Gaza par le terminal de Rafah sous peu. C’est une goutte d’eau au regard des besoins de l’enclave, mais il a fallu que M. Biden applique une lourde pression pour que le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, l’accepte, en dépit des exigences d’extrême sévérité qui émanent de son parti, le Likoud, au sein duquel il est fragilisé, et de ses alliés d’extrême droite.

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