Emmanuel Macron prépare, sans hâte, sa visite en Israël

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Emmanuel Macron, avant l’arrivée de la première ministre estonienne, Kaja Kallas, pour un déjeuner de travail au palais de l’Elysée, à Paris, le 18 octobre 2023.

Aller en Israël, ou pas ? Quand ? Dans quel but ? Emmanuel Macron soupèse le projet, en évalue les risques et les bénéfices. Hésite et se prépare à la fois, alors qu’Israël s’apprête à lancer une offensive terrestre à Gaza. En marge de sa visite officielle en Albanie, mardi 17 octobre, le chef de l’Etat a admis qu’il pourrait se rendre dans l’Etat hébreu « dans les prochains jours » comme « dans les prochaines semaines ». « Ma volonté, c’est de pouvoir me déplacer [en Israël] lorsque nous pourrons obtenir un accord concret soit sur la non-escalade, soit sur les questions humanitaires et plus largement sur le tout », a-t-il précisé depuis Tirana.

Lire aussi le récit : Article réservé à nos abonnés En Israël, Joe Biden vient épauler un gouvernement d’union nationale fébrile

Une visite du président français en Israël est à l’étude depuis le 7 octobre et les attaques terroristes du Hamas perpétrées contre l’Etat hébreu. Mais l’hypothèse d’un déplacement du président de la République a pris de la consistance, lundi 16 octobre, lorsqu’il est apparu qu’Olaf Scholz, le chancelier allemand, puis le président américain, Joe Biden, s’apprêtaient à se rendre dans la région, dès mardi pour le premier, mercredi pour le second. Depuis, le premier ministre britannique, Rishi Sunak, a annoncé à son tour mercredi soir une visite, dès jeudi.

L’invitation formulée par le président égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi, pour que la France assiste à une conférence samedi 21 octobre sur l’avenir de la cause palestinienne aurait pu encourager Emmanuel Macron à se rendre au Proche-Orient, permettant de faire valoir la position de la France, entre soutien à Israël face au terrorisme et préoccupation pour la cause palestinienne. Mais la crainte que ce sommet ne débouche sur un communiqué à charge contre Israël préoccupe l’Elysée.

Une attente forte des juifs de France

Les turbulences qui ont accompagné la visite de Joe Biden à Tel-Aviv, mercredi, incitent aussi l’Elysée à ne pas se hâter. Arrivé mercredi sur le sol israélien pour une visite éclair, quelques heures après l’explosion d’un hôpital de Gaza, le chef d’Etat américain a partagé la thèse israélienne qui fait porter la responsabilité du massacre de centaines de civils palestiniens sur le Jihad islamique, allié du Hamas. Le tir sur l’hôpital Al-Ahli de Gaza semble avoir été effectué « par la partie adverse, pas par vous », a-t-il approuvé lors de son échange avec Benyamin Nétanyahou, tout en assurant qu’il travaillerait avec le gouvernement israélien pour éviter « davantage de tragédie » aux civils.

Le drame à l’hôpital gazaoui a conduit à l’annulation de la seconde partie du voyage de Joe Biden en Jordanie, où il devait assister à un sommet à Amman avec les dirigeants de la Jordanie, de l’Egypte et de l’Autorité palestinienne. Un scénario considéré comme apocalyptique à Paris s’il se reproduisait lors du voyage du président français : aucune visite en Israël n’est imaginable sans pourparlers avec les représentants de l’Autorité palestinienne et les dirigeants d’Etats voisins, comme l’Egypte ou la Jordanie.

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