Israël, une affaire « personnelle » pour Joe Biden et son administration

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Joe Biden embarque à bord d’Air Force One depuis la base d’Andrews (Maryland), en direction d’Israël, le 17 octobre 2023.

Embrasser Israël pour mieux se faire entendre. Soutenir sans nuance le premier ministre Benyamin Nétanyahou pour mieux l’avertir des risques d’une opération terrestre à Gaza. Telle est la ligne de crête sur laquelle s’avance Joe Biden, au moment d’arriver en Israël pour une visite express à Tel-Aviv, mercredi 18 octobre.

L’attaque terroriste du Hamas contre Israël est la troisième crise internationale majeure gérée par son administration. La première fut le retrait militaire chaotique et largement improvisé d’Afghanistan, en août 2021. La seconde, l’invasion russe en Ukraine, en février 2022. Malgré les enjeux immenses et les vies en balance lors de ces séquences, aucune n’a autant ébranlé la Maison Blanche que celle survenue le 7 octobre.

La froide rationalité et le pragmatisme de cette administration, composée de figures d’expérience, ont été soudain débordés par l’émotion. Ce fut une période à fleur de peau. Une gestion de crise à multiples dimensions, avec un rappel tardif du droit humanitaire international. Elle a laissé les Etats-Unis en porte-à-faux dans ce Proche-Orient plein d’amertume envers ce qu’il perçoit comme un engagement partisan en faveur d’Israël, sans véritable intérêt pour le sort des civils palestiniens.

« Le modèle présidentiel pour Biden dans sa réaction n’est pas Obama, mais Clinton, souligne Aaron David Miller, diplomate vétéran du Proche-Orient, analyste au centre de réflexion Carnegie. Le deuil qu’avait éprouvé Clinton après l’assassinat d’Itzhak Rabin [premier ministre israélien tué par un extrémiste juif en 1995], c’est celui que ressent Biden. Son amour pour l’idée d’Israël et sa considération pour sa sécurité sont fermement ancrés dans son ADN politique et émotionnel. »

Le 9 octobre, John Kirby, porte-parole du Conseil de sécurité nationale, s’exprime en direct sur la chaîne CNN. L’ancien contre-amiral, vingt-huit ans en uniforme dans la Navy, est connu pour sa maîtrise de l’exercice oratoire. C’est lui qui gère souvent la communication de la Maison Blanche sur les questions internationales. Mais en ce lundi, quarante-huit heures après le raid dévastateur du Hamas, John Kirby se décompose à l’antenne, ne trouve plus les mots pour parler des victimes. « Ce sont des êtres humains. Ce sont des membres de familles, ce sont des amis, ce sont des personnes aimées, des cousins, des frères, des sœurs. Oui, c’est difficile, et je m’excuse. »

Face au Hamas, « le silence est de la complicité »

Le lendemain, 10 octobre, Joe Biden prononce un discours empreint d’émotion et d’empathie sur le « mal absolu » qui venait de se manifester contre Israël, par la volonté d’un mouvement terroriste « assoiffé de sang ». Il évoque le « trou noir dans la poitrine » que provoque la mort d’un proche, en référence claire à ses propres épreuves, comme la mort de deux de ses enfants et de sa première femme.

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