A Bruxelles, une attaque terroriste ciblant des Suédois fait deux morts, le suspect toujours en fuite

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La police belge analyse le lieu de la tuerie où deux Suédois ont été tués à Bruxelles, le 16 octobre 2023.

Deux personnes d’origine suédoise ont été tuées, lundi 16 octobre au soir à Bruxelles, par un homme armé qui a pris la fuite en scooter. Le premier ministre belge, Alexander De Croo, a dénoncé un « lâche attentat » et appelé à l’unité dans « le combat contre le terrorisme ». Le parquet fédéral, chargé des dossiers de terrorisme, a été saisi de l’enquête.

Les faits sont survenus peu après 19 heures, près de la place Sainctelette, dans le nord de la capitale belge, avant un match de qualifications de l’Euro 2024 de football opposant la Belgique à la Suède. La rencontre a été interrompue à la mi-temps, les joueurs suédois ne souhaitant pas reprendre le jeu après la pause, selon la chaîne francophone RTBF. D’après plusieurs médias, les deux victimes seraient des supporteurs suédois.

« Un homme a suivi les supporteurs suédois qui étaient montés dans un taxi (…). Cet homme a ouvert le feu sur les personnes qui étaient descendues du véhicule en allant jusqu’à les poursuivre à l’intérieur d’un immeuble. Deux personnes sont décédées, l’une de nationalité suédoise, l’autre est d’origine suédoise », a détaillé, mardi matin 17 octobre à l’aube, le procureur fédéral, Frédéric Van Leeuw, lors d’une conférence de presse réunissant le premier ministre, Alexander De Croo, ainsi que les ministres de l’intérieur, de la justice, et de l’asile et de la migration.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés La Suède relève son niveau d’alerte terroriste

« Une troisième personne se trouve à l’hôpital, dans un état grave, également de nationalité suédoise. L’agresseur a ensuite pris la fuite assez rapidement. Une vidéo de revendication a été diffusée dans lequel l’individu déclare avoir tué trois Suédois. Dans une autre vidéo prise avant l’attentat, le même individu apparaît cagoulé et déclare que le livre d’Allah est une ligne rouge pour laquelle il se sacrifie », a poursuivi le magistrat, confirmant que l’attentat avait un lien avec les profanations du Coran qui ont eu lieu à Stockholm en début d’année.

Le suspect est un Tunisien de 45 ans, Abdesalem L., « connu des services de police pour des faits suspects de trafic d’êtres humains, de séjour illégal et d’atteinte à la sûreté de l’Etat », a expliqué le ministre de la justice, Vincent Van Quickenborne. L’homme a été suspecté de radicalisation islamiste à deux reprises, sans que les signalements aboutissent.

Le domicile du suspect identifié et perquisitionné

En 2016, alors que Bruxelles venait de subir la double attaque-suicide à l’aéroport de Zaventem et dans le métro en plein quartier européen, qui a fait trente-cinq morts, « des informations non confirmées ont été transmises par un service de police étranger selon lesquelles l’homme avait un profil radicalisé et voulait partir vers une zone de conflit pour le djihad », a reconnu M. Van Quickenborne. « Ce type d’information et de notification étaient légion » à l’époque, a assuré le ministre, comme pour prévenir les critiques : « L’information a été vérifiée et rien d’autre n’a pu être fait avec cette information. Il n’y avait aucune indication concrète de radicalisation. »

Une seconde fois, cette année, l’homme a été signalé par l’occupant d’un centre d’asile qu’il aurait menacé sur les réseaux sociaux et qui a affirmé à la police qu’il avait été condamné pour terrorisme en Tunisie. Après un signalement de la police d’Anvers, une réunion d’évaluation avait été prévue ce mardi 17 octobre. Mais M. Van Quickenborne a expliqué qu’« entre-temps, nos services ont reçu l’information que l’homme n’a pas été condamné pour terrorisme en Tunisie, mais bien pour des délits de droit commun ».

Abdesalem L. avait déposé une demande d’asile en Belgique en novembre 2019, qui fut rejetée en octobre 2020 ; puis il avait disparu des écrans radars. « [L’ordre] de quitter le territoire qui a été établi en mars 2021 n’a jamais pu être délivré », a détaillé Nicole de Moor, secrétaire d’Etat à l’asile et la migration.

A la suite de l’attaque, le domicile d’Abdesalem L. a néanmoins été identifié, à Schaerbeek, l’une des dix-neuf municipalités qui composent la région de Bruxelles-Capitale. Une perquisition a eu lieu dans la soirée, alors qu’il était activement recherché. Le procureur fédéral a également signalé que sept personnes faisaient l’objet de l’attention des enquêteurs, « ce qui ne veut pas dire que ce sont nécessairement des complices », et que d’autres perquisitions avaient lieu.

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Le match Belgique-Suède, lui, a été arrêté à la mi-temps, vers 21 h 30. Les supporters ont alors chanté « tous ensemble » puis « Suède ! Suède ! ». Les 35 000 spectateurs du stade Roi-Baudouin ont été retenus plus de deux heures par mesure de sécurité. L’enceinte a été évacuée progressivement, et les supporters suédois conduits sous escorte à l’aéroport pour regagner leur pays.

Image de la Suède très dégradée dans le monde musulman

Le premier ministre suédois, Ulf Kristersson, s’est entretenu avec le premier ministre belge, Alexander De Croo. « Le gouvernement et les autorités suédoises compétentes travaillent actuellement de manière intensive pour obtenir toutes les informations pertinentes sur ce qui s’est passé et sur ce que font les autorités belges pour prévenir d’autres actes de violence. » M. Kristersson précise : « Un SMS a été envoyé par le ministère des affaires étrangères à tous les abonnés suédois en Belgique. Les Suédois sur place sont invités à être vigilants et à écouter attentivement les instructions des autorités belges. »

La Suède, dont l’image s’était fortement dégradée cet été dans le monde musulman après plusieurs profanations du Coran autorisées sur son sol, avait décidé, le 17 août de relever son niveau d’alerte terroriste, estimant par ailleurs que la menace d’attentats « persistera pendant longtemps ».

La Belgique a déjà été la cible de plusieurs attentats revendiqués par l’organisation Etat islamique. Le 22 mars 2016, Bruxelles avait été frappée par une double attaque-suicide à l’aéroport de Zaventem et dans le métro en plein quartier européen. Il y avait eu trente-cinq morts, d’après le bilan réévalué lors du procès d’assises qui s’est tenu de décembre 2022 à septembre 2023.

En novembre 2022, un homme armé d’un couteau avait attaqué une patrouille de deux policiers dans le quartier de la gare du Nord à Bruxelles (commune bruxelloise de Schaerbeek), causant la mort de l’un d’eux et blessant grièvement l’autre. Le suspect, touché par un tir de riposte d’un autre policier, avait été interpellé et hospitalisé, et une enquête avait été ouverte par le parquet fédéral.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a fustigé un « abject attentat », tandis que le président français, Emmanuel Macron, a déploré une « attaque terroriste islamiste ».

Le Monde

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