Aux Pays-Bas, Frans Timmermans lance la campagne électorale avec sa liste « rouge-verte »

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Le candidat de la Gauche verte et du Parti du travail, Frans Timmermans, le 14 octobre 2023 à Rotterdam.

L’ambiance aurait dû être totalement festive pour ce rendez-vous annoncé comme « historique » et « magique » de la gauche néerlandaise. Dès leur arrivée au complexe Ahoy, immense salle de concerts et d’événements sportifs dans la banlieue de Rotterdam, la foule d’écologistes et de socialistes, bras dessus, bras dessous pour la première fois, a toutefois été rapidement ramenée à la dure réalité de la guerre. « La Palestine sera libre », criait à l’entrée une femme porteuse d’un drapeau. Et ce congrès électoral, le premier grand rassemblement de la campagne en vue des élections législatives du 22 novembre, a débuté par une minute de silence en mémoire des victimes israéliennes et palestiniennes.

Pour la direction de la Gauche verte (GroenLinks) et celle du Parti du travail (PvdA, socialiste), longtemps rivaux, il ne pouvait être question d’afficher la moindre division lors de cet événement fondateur, censé marquer la possible fin de règne des libéraux et du premier ministre, Mark Rutte, au pouvoir depuis treize ans. Le conflit à Gaza menaçait pourtant d’ouvrir une première brèche : des écologistes, et quelques socialistes aussi, reprochaient à Frans Timmermans, qui conduira la liste unie « rouge-verte », d’avoir réagi aux actes terroristes du Hamas sans mentionner suffisamment l’oppression des Palestiniens par Israël.

Une concertation préalable au rassemblement avec les auteurs d’une motion très critique a débouché sur l’adoption d’un texte de compromis que l’ancien premier vice-président de la Commission européenne a repris à son compte dans son discours final. « L’humanité ne peut être victime du Hamas et de la réaction au Hamas », a-t-il déclaré. Il a insisté sur le sort « inacceptable » réservé aux enfants des deux camps et il a promis que, si les électeurs lui en donnaient la possibilité, il ferait en sorte que son pays contribue à l’instauration d’une solution à deux Etats.

Ces propos ont semblé insuffisants à la députée verte Kauthar Bouchallikht, qui a décidé, après le congrès, de se retirer de la liste des candidats. « Je suis étonné et triste », a commenté sur X (anciennement Twitter) Jesse Klaver, le dirigeant de GroenLinks.

Réveiller « le feu de la solidarité »

La politique d’asile – à l’origine de la chute anticipée du gouvernement Rutte IV en juillet –, l’abolition de la monarchie au profit d’une « république parlementaire », l’augmentation du salaire minimum horaire, la gratuité de tous les transports publics et la collaboration des partis avec les mouvements sociaux « de terrain » : tous ces sujets nécessitaient des compromis entre les positions parfois radicales des « verts » et le réformisme des « rouges ».

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