Les aides européennes à la Palestine scrutées à la loupe

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L’Irlandaise Martina Anderson (au centre), membre du Parlement européen, lors d’une visite du village palestinien de Susya, au sud-est d’Hébron, dans la zone occupée par Israël, le 10 février 2016.

Depuis le lancement du processus de paix, en 1993, l’Europe a été l’un des principaux bailleurs de fonds de la Palestine. Ce soutien, devenu relativement stable à partir de 2008, s’établit en moyenne à 1,2 milliard d’euros par an pour l’ensemble de pays membres et l’Union européenne (UE), selon l’Organisation de coopération et de développement économiques. Dans cette enveloppe commune, la part de l’UE gérée par Bruxelles s’élève à 300 millions d’euros par an.

Cette contribution est aujourd’hui au cœur des questionnements, après l’attaque perpétrée par le Hamas contre Israël le 7 octobre, et la Commission la réexamine afin de vérifier si elle n’a pas financé l’organisation islamiste. Comme l’UE, l’Allemagne, qui verse environ 125 millions d’euros par an, mais aussi l’Autriche, le Danemark ou la Suède, ont décidé de suspendre temporairement leur quote-part.

Néanmoins, a tenu à rappeler, mardi 10 octobre, le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, à l’issue d’une réunion des ministres des affaires étrangères, « l’écrasante majorité des Etats membres considère que nous devons continuer à soutenir l’Autorité palestinienne et que les paiements dus ne devraient pas être retardés à un moment où cette Autorité se trouve dans une situation critique, parce que le peuple palestinien souffre lui aussi ». L’aide humanitaire, 28 millions d’euros en 2023, a-t-il encore précisé, n’est pas concernée par ce réexamen.

Dans le détail, sur les 300 millions d’euros d’aides, un peu moins d’un tiers (85 à 90 millions d’euros) finance l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA). Quelque 300 000 enfants sont ainsi scolarisés dans les écoles de l’agence rien qu’à Gaza.

Le reste des moyens transférés en Palestine se décompose entre des aides directes aux populations et le financement de projets de développement. En 2022, quelque 50 millions d’euros étaient consacrés aux salaires et pensions de 55 000 fonctionnaires et retraités de l’Autorité palestinienne, médecins, infirmières ou enseignants.

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En outre, 40 millions d’euros ont financé une allocation sociale pour 82 000 familles palestiniennes parmi les plus démunies, dont 64 000 vivent dans la bande de Gaza. Des transferts strictement contrôlés, assure la Commission : « Ce système comprend des audits [avant et après versement], des vérifications, des contrôles, un suivi, un filtrage des bénéficiaires par rapport aux personnes sous sanctions internationales », précise le document consacré au plan européen d’action pour la Palestine de 2022. Au-delà, Bruxelles a contribué à des projets d’infrastructures, pour améliorer le système d’eau potable à Gaza et doter le territoire d’une usine de désalinisation ou d’infrastructures énergétiques.

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