Législatives espagnoles : la victoire amère d’Alberto Nuñez Feijoo

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Le candidat du Parti populaire (PP), Alberto Nuñez Feijoo, lors d’un rassemblement électoral à Logroño (Espagne), le 15 juillet 2023.

Alberto Nuñez Feijoo veut encore y croire. « Il me revient d’essayer de gouverner le pays », lance-t-il, lundi 24 juillet, peu après minuit, depuis le balcon du siège du Parti populaire (PP), à Madrid, appelant à ce que « personne n’ait la tentation de bloquer le gouvernement de l’Espagne ». Le dirigeant conservateur se dit décidé à engager des négociations avec les différents partis afin de recueillir leur soutien à sa liste, qui a obtenu le plus grand nombre de suffrages aux législatives. « J’ai remporté les élections », insiste-t-il.

Mais la musique et les confettis ne trompent pas grand monde. Au balcon, les sourires des dirigeants conservateurs sont forcés et les mines graves. Il faut bien apparaître devant les militants rassemblés dans la rue et tenir le rôle, un peu forcé, du vainqueur des élections législatives. Pourtant, si le candidat conservateur est bel et bien arrivé en tête, avec près de 33 % des voix et 136 députés (sur 350), son résultat n’est pas à la hauteur des objectifs que lui-même s’était fixés.

Il pensait obtenir, à lui seul, autant de voix que le Parti socialiste (PSOE) et son partenaire de la gauche alternative, Sumar. Cela lui aurait permis d’exiger de Vox, la formation d’extrême droite, qu’il le laisse gouverner en solitaire, en s’abstenant lors du vote d’investiture. Or, non seulement il est talonné par le PSOE, qui a obtenu 32 % des voix et 122 sièges, mais aucune majorité de droite ne semble capable de se dessiner. Pis, dans la foule venue devant le siège du PP, ce n’est pas son nom que les gens clament, mais celui de la baronne régionale, Isabel Diaz Ayuso, figure de la droite dure du PP qui a, elle, obtenu la majorité absolue dans la région autonome de Madrid aux élections locales du 28 mai. Comme si les militants conservateurs exigeaient déjà de changer de candidat, dans le cas où le blocage conduirait à de nouvelles élections.

Difficile de ne pas imaginer la déception de M. Nuñez Feijoo, lui qui a abandonné la présidence de sa terre natale, la Galice (nord-ouest), en avril 2022, pour répondre à l’appel de ses pairs. Au PP, le président du gouvernement galicien depuis 2009 était perçu comme le seul baron régional capable de recoudre les blessures du parti, en proie à des tensions internes, affaibli par la montée de Vox. A son actif, ce haut fonctionnaire de 61 ans, éduqué chez les frères maristes, diplômé en droit à Saint-Jacques-de-Compostelle, comptait quatre majorités absolues de suite à la tête de la région.

Il n’a pas renversé la table

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