En Grèce, la gestion des incendies sur l’île de Rhodes vivement critiquée

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Le village de Kiotari, sur l’île de Rhodes, en Grèce, le 24 juillet 2023.

Frappée par l’une des plus longues canicules de ces dernières décennies, la Grèce doit désormais faire face également à d’importants feux de forêts. Sur l’île de Rhodes, dans le sud-est de la mer Egée, plus de 9 000 hectares ont brûlé depuis sept jours, et 19 000 personnes ont été évacuées. « En quelques minutes, les vacances idylliques sont devenues un vrai cauchemar », rapporte au téléphone Giam, un citoyen britannique qui possède une maison sur l’île depuis une dizaine d’années et n’a pas souhaité donner son nom.

Il n’a pas été évacué mais a été témoin de l’évacuation des touristes dans le sud et l’est de l’île. « La catastrophe écologique est immense, la forêt, qui a été ravagée, abritait des cerfs, des biches, de petits chevaux sauvages, témoigne-t-il, en pointant les faiblesses du dispositif de prévention des incendies. Il n’y a pas de gardes forestiers, pas de gestion des forêts ni de protection contre les feux depuis des années sur l’île. Osons espérer que ce drame réveille les autorités et qu’elles prennent les mesures nécessaires ! »

Dans le pays, le manque de moyens des pompiers et l’absence de prévention en vue de la saison des feux font, depuis quelques jours, polémique. « Nous sommes en guerre contre (…) les incendies » et « nous avons encore trois jours difficiles devant nous », a déclaré, lundi 24 juillet, le premier ministre, Kyriakos Mitsotakis. Depuis le début de la crise, le chef du gouvernement ne cesse d’assurer que ces drames, dus au changement climatique, sont imprévisibles et incontrôlables. Des déclarations qui ne rassurent pas.

Sur la chaîne de télévision Open, un habitant de Kiotari, l’un des villages qui a dû être évacué samedi, dénonce le chaos ambiant lors de cette opération que les autorités ont qualifiée de « plus grande opération d’évacuation jamais effectuée en Grèce » : « Ils nous ont laissés seuls. Ils disaient [que] quatorze Canadair et un hélicoptère [étaient mobilisés]. Mais le feu a été éteint lorsqu’il est arrivé à la mer. Tout le monde courait pour tenter de se sauver. Nous avons accueilli les touristes dans nos maisons, car il n’y avait pas d’organisation. »

« Un énorme besoin de planification »

Polly Chatzimarkou, correspondante locale pour le journal de gauche Efsyn, abonde : « Les pompiers bénévoles, des habitants de l’île, étaient souvent seuls à opérer dans les bois, dans des conditions très difficiles. Ce sont eux qui aidaient les sapeurs venus des autres régions de Grèce qui ne connaissaient pas le terrain. Il n’y avait aucune coordination dans les opérations. »

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