En Italie, des attouchements de moins de dix secondes sur une mineure « ne constituent pas un délit », estime un tribunal en relaxant un gardien d’école

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Des milliers de personnes participent à une manifestation contre la violence à l’égard des femmes dans le centre de Turin, en Italie, le 5 mars 2017.

Un gardien d’école ayant touché les fesses d’une élève de 17 ans a été relaxé par le tribunal de Rome. Cette décision judiciaire a suscité l’indignation, jeudi 13 juillet, d’associations d’élèves et d’influenceurs. Selon le tribunal, ces attouchements ayant duré « entre cinq et dix secondes », comme l’a dénoncé la victime et reconnu l’auteur, « ne constituent pas un délit ».

La « soudaineté de l’action, sans aucune insistance dans l’action de toucher », qui relève « presque de l’effleurement », ne permet pas de « caractériser l’intention libidineuse ou concupiscente généralement requise par le droit pénal », a estimé le tribunal, cité par le quotidien Il Corriere della Sera.

Le tribunal a donc rejeté les réquisitions du parquet, qui avait demandé trois ans et demi de réclusion contre le gardien, âgé de 66 ans, qui avait reconnu avoir touché l’élève pendant qu’elle montait des escaliers mais assuré l’avoir fait « en plaisantant ».

Pour la victime, « ce n’est pas une blague », réagit-elle auprès du quotidien italien. « Le gardien m’a saisie par derrière sans rien dire. Il a ensuite mis ses mains dans mon pantalon et sous mes sous-vêtements, m’a touché les fesses et m’a ensuite tiré vers le haut à tel point que mes parties intimes m’ont fait mal », a-t-elle rapporté.

Soutien sur les réseaux sociaux

Cette décision de justice a suscité les protestations de l’Association des élèves du Latium, la région de Rome : « Nous sommes indignés par la motivation du jugement. (…) Une nouvelle fois, un attouchement n’est pas reconnu comme tel, cette fois en raison de sa durée », s’est insurgée sa présidente Tullia Narciso, citée par le quotidien Il Fatto quotidiano. « Nous voulons nous sentir en sécurité partout, et en particulier à l’école, qui devrait apprendre à reconnaître et à éliminer les violences et les discriminations », a-t-elle conclu.

Après ce jugement controversé, nombre d’élèves ont posté sur les réseaux sociaux des vidéos où ils se filment en train de toucher leur corps en simulant un attouchement pendant dix secondes, qui semblent de fait durer une éternité.

Ce geste de solidarité avec la victime a aussi été repris par l’acteur italien Paolo Camilli, connu pour son rôle dans la série The White Lotus et dont la vidéo a été partagée par l’influenceuse la plus célèbre de la Péninsule, Chiara Ferragni.

Le Monde avec AFP

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